Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte
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Ray Barretto

Il y a 5 ans, le 17 février 2006, disparaissait l’une des grandes figures de notre temps. Américain d’origine portoricaine, Ray Barretto fut l’un des rares instrumentistes latins à avoir épousé la destinée jazz de ses illustres contemporains.

C’est à son arrivée en Europe en 1946, en qualité de soldat de l’armée américaine, que Ray Barretto découvre presque par hasard la force expressive du patrimoine noir et les injustices raciales de cette époque troublée.


« Lorsque j’étais dans l’armée, la ségrégation était instaurée. Il y avait des soldats blancs et noirs, mais ils ne se croisaient pas. Etant un Portoricain à la peau claire, ils ne savaient pas trop quoi faire de moi. J’étais constamment en porte-à-faux avec les décisions racistes de certains gradés. Par hasard, j’ai découvert à Munich, en Allemagne, un club de jazz, L’Orlando Club, réservé aux soldats noirs. C’est devenu ma seconde maison. Là, se côtoyaient des musiciens européens et les musiciens noirs de l’armée américaine. Je ne vous raconte pas les jam-sessions. Un soir, un banjo traînait à l’arrière de la scène. J’ai arraché les cordes de l’instrument, je me suis mis à imiter le son percussif d’un de mes aînés afro-cubains, Chano Pozo. Je jouais très mal, mais dès lors, j’ai su qui je voulais devenir ».

A son retour aux Etats-Unis, Ray Barretto n’aura qu’une idée en tête : célébrer ses héros et entrer dans « L’épopée des Musiques Noires ». Son talent et son enthousiasme séduiront d’abord le saxophoniste Charlie Parker, puis le chef d’orchestre Tito Puente. En quelques années, Ray Barretto apprendra à jouer avec les cultures et s’épanouira dans un nouveau genre musical hérité du jazz et de la salsa, le « Latin Jazz ».

Cette spécificité le hissera au rang des meilleurs percussionnistes de la planète.

 

Avec son groupe, le Fania All Stars, avec le trompettiste Dizzy Gillespie, avec la diva de Cuba Célia Cruz ou le chanteur français Bernard Lavilliers, Ray Barretto parviendra à adapter son jeu aux sonorités multicolores de ses interlocuteurs.

Mélomane, il reconnaissait volontiers s’adonner au plaisir de la musique classique, en écoutant notamment les œuvres de Debussy et Ravel.

Esthète des belles harmonies, il faisait chanter ses congas avec intelligence et sensibilité. Il nous a quittés à l’âge de 76 ans…

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