Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte
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Benny Waters, témoin du Siècle (1ère partie)

Nous sommes au tout début du XXe siècle, Louis Armstrong n'a pas encore révolutionné le jazz, Duke Ellington est en culottes courtes, et l'industrie du disque se résume à de rares enregistrements de formations amateurs qui hésitent entre les musiques militaires et le ragtime. Ce sont principalement des fanfares qui accompagnent les mariages, les enterrements, et parfois, font danser la bourgeoisie blanche dans les grandes villes américaines. En d'autres mots, nous en sommes aux balbutiements de la musique noire américaine moderne, et tout reste à inventer.

C'est à cette époque que le petit Benny Waters voit le jour, nous sommes le 23 janvier 1902 à Brighton près de Baltimore dans le Maryland, au Nord-Est des États-Unis, et même si la région est plus clémente pour la communauté noire, il n'en reste pas moins qu'en ce début du XXe siècle, les vestiges de l'esclavage continuent de maintenir la population afro-américaine dans une misère sociale et une oppression raciale massive.

 

 

Pour beaucoup de ces « nègres » (comme on les appelait alors), la seule échappatoire, c'est la musique. Et comme nombre de ses contemporains, le jeune Benny Waters va grandir à l'écoute des orchestres en vogue.

 

Pour un gamin noir aux États-Unis dans les années 1910-1920, il est difficile de trouver sa place et d'envisager l'avenir. Sauf aptitude particulière, le sort réservé aux descendants d'esclaves africains est souvent l'humiliation et le dénuement le plus total, mais Benny Waters semble doté d'un talent qui va le sortir progressivement de sa misérable condition d'enfant noir.

 

Si Benny Waters semble prédisposé à devenir musicien, il lui faut un environnement propice à son développement artistique. Or, à cette époque, le seul moyen d'exister en tant qu'instrumentiste, c'est de vivre dans une grande ville où les opportunités de jouer et le bouillonnement culturel facilitent le quotidien. C'est la raison pour laquelle, notre jeune virtuose en herbe attendra son heure pour quitter la maison familiale et rejoindre, en 1924, la grande cité, New York ! 
 

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