Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte
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Benny Waters, témoin du Siècle (2ème partie)

A la fin des années 20, le Swing est la forme d’expression majeure aux Etats-Unis. Les premières émissions de radio diffusent, depuis le Cotton Club à Harlem, les prestations des grandes formations dirigées par de jeunes chefs d’orchestre talentueux.
C’est à cette époque que Benny Waters arrive dans la capitale du Jazz, New York !
Il a 25 ans, beaucoup d’espoir, et la vitalité du saxophoniste en herbe qui entend bien se faire une place dans l’un de ces fameux Big Bands qui font danser l’Amérique. 

Trouver un petit boulot pour un musicien durant l’âge d’or du Jazz n’est pas très compliqué… Le Swing est partout, les instrumentistes vont et viennent dans les différents orchestres, et Benny Waters va très vite gagner la confiance de ses aînés. 

Aujourd’hui, presque 100 ans plus tard, il est difficile d’imaginer l’agitation et la richesse musicale des années Swing. Certains orchestres, copieusement acclamés à l’époque, n’ont pourtant pas résisté à l’érosion du temps. La crise de 1929 mit un terme à cette effervescence joviale et dansante. Seuls quelques solides Big Bands ont su passer à travers l’orage économique qui secoua l’Amérique au tournant des années 30.

 

Si le Swing continue tant bien que mal à accompagner le quotidien des citoyens américains, un autre genre musical, plus âpre, plus rêche et torturé, va bientôt épouser l’humeur sociale du moment. Le « Be Bop », imaginé par de jeunes virtuoses plein de ressources, parvient à ébranler les certitudes des pionniers d’antan. Tandis que l’atmosphère mondiale se tend avec l’entrée en guerre des Etats-Unis en décembre 1941, de nouveaux créateurs font leur apparition. Ils s’appellent Thelonious Monk, Miles Davis, Dizzy Gillespie et Charlie Parker.

 

Cette nouvelle approche du jazz ne convient pas à Benny Waters… Lui, l’enfant du Swing, ne comprend pas les solos fougueux qui font voler en éclats le format jazz instauré par les anciens. Il lutte pour rester dans l’ère du temps, mais cette révolution jazz brutale et le climat racial de plus en plus oppressant ont raison de sa détermination. 

En 1952, Benny Waters choisira l’exil, sur un coup de tête, et s’installera en Europe ! 

 

 

http://www.historyjazz.com/bebop.html