Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte
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Benny Waters : Témoin du Siècle (4ème Partie)

Décembre 1957, Miles Davis est à Paris et enregistre, en deux jours, la bande-son du film de Louis malle « Ascenseur pour l'échafaud ». La France est alors une terre d'accueil pour la communauté noire américaine. On y croise Quincy Jones, Art Blakey, Duke Ellington, Count Basie, Dizzy Gillespie. La salle Pleyel, le Club St-Germain, et l'Alhambra font salle comble, et les échanges franco-américains se multiplient, notamment, depuis le débarquement allié sur les plages de Normandie en 1944.

Benny Waters ne rate rien de l'agitation musicale du moment. Il sait, il sent que cette ville lui apportera le réconfort, et sûrement, de belles opportunités pour briller aux côtés de ses héros. Il passe donc tout son temps dans les clubs de jazz, et pendant des années, s'efforce de rester dans le coup en s'invitant sur scène pour des jam-sessions ébouriffantes. On s'habitue même à le voir débarquer à l'improviste au Petit Journal ou au Jazz-Club Lionel Hampton, comme n'importe quel musicien… parisien !

Dans son appartement du 20e arrondissement à Paris, Benny Waters voit les années défiler, et son grand âge ne lui permet plus d'être aussi présent qu'autrefois, d'être dans le feu de l'action. Son envie de jouer est intacte, mais il lui manque l'énergie, la vigueur de sa jeunesse. Sa vue baisse, son tonus décline, il a 70… 80… 90 ans, mais il est toujours là, et veut témoigner !

 

Benny Waters avait conscience d'être un survivant dans « l'épopée des musiques noires » et envisageait d'affronter son destin, de retrouver sa terre, de renouer avec ses vraies valeurs afro-américaines, et de boucler la boucle, là où tout avait démarré pour lui : New York.
Il nous quittera le 11 août 1998 à l'âge de… 96 ans !

Depuis l'ère du swing dans les années 30, jusqu'au souffle free jazz dans les années 60, sans oublier le be-bop, le jazz-rock, ou les expérimentations hip-hop, Benny Waters a tout vu, tout connu, mais il tenait à préserver la tradition, les racines profondes du continent noir, et chaque fois qu'il le pouvait, il nous encourageait à écouter les pionniers, les origines, pour que l'on n'oublie pas !

 

Benny Waters eut le privilège de vivre suffisamment longtemps pour que son aventure nourrisse notre savoir et les livres d'histoire. Ce monsieur nous a donné des clés, soyons en dignes, et sachons honorer tous ces artistes valeureux qui nous ont confiés leur patrimoine pour que les générations futures donnent un sens à leur propre destinée.

 

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