Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte
Retrouvez la playlist de l'Épopée des musiques noires sur Deezer

 

En savoir plus sur l'émission, les horaires, le calendrier ... En savoir plus sur l'émission

Lucky Peterson, l'insoumis !

Lucky Peterson.

Pour le public européen, Lucky Peterson est apparu en 1992 sur le label Polygram qui misait, alors, tous ses espoirs sur ce jeune virtuose dont l'aventure miraculeuse débuta réellement, à la fin des années 60, sous l'impulsion du contrebassiste et producteur, Willie Dixon.

Nous sommes en 1969, Lucky Peterson a 5 ans, mais évolue déjà dans l'univers de la musique. Son père, James Peterson, est l'heureux propriétaire d'un club de Blues, à Buffalo, près de New York, le «Governor's Inn». De nombreuses personnalités s'y produisent régulièrement, Muddy Waters, Buddy Guy, Junior Wells, ou Koko Taylor, entre autres. Et il n'est pas rare que le petit Lucky Peterson soit invité sur scène pour pousser la chansonnette ou pianoter sur l'orgue Hammond B3. Là, en compagnie de ses aînés, il se révèle être un gamin plutôt doué, et se fait copieusement applaudir par les spectateurs ébahis.

 

Un soir, Willie Dixon est dans la salle. Il observe ce sacré petit bonhomme gesticulant telle une pile électrique dans le feu des projecteurs. Fasciné par ce tempérament et ce talent précoce, il décide d'organiser une séance de studio. C'est ainsi que Lucky Peterson enregistre son premier 45T intitulé «1,2,3,4», et se retrouve soudainement dans le feu des projecteurs. Il n'a pas 10 ans… 

En quelques années, Lucky Peterson devient la coqueluche de la scène Blues américaine. Devenu un adulte très ambitieux, il recherche une notoriété internationale et entend tenir une place centrale dans l'univers du Blues au même titre que ses illustres prédécesseurs. Alors, il se fait remarquer autant qu'il le peut. Il enregistre abondamment, tourne sans discontinuer, et prépare méticuleusement chacune de ses apparitions, que ce soit à la télévision, ou en première partie du «Parrain de la Soul», James Brown, à Paris-Bercy, en 1993.
 

Depuis cette date mémorable, Lucky Peterson s'est forgé une solide réputation de showman et de virtuose mais, malgré ses efforts pour être le meilleur, il réalisera que la vie d'un bluesman n'est pas un long fleuve tranquille, et que parfois, l'amertume l'emporte sur l'enthousiasme. À bientôt 50 ans, il s'interroge sur son parcours, sa vraie valeur, et se pose des questions existentielles, celle d'un artiste qui vieillit et qui doute…

Pour être bluesman, il faut être tenace, constant, mais surtout avoir la foi. Il ne suffit plus d'être un brillant instrumentiste pour vivre confortablement. Il faut sans cesse réaffirmer sa place et hurler son indignation quand on se sent blessé. Il faut croire que le fait de s'insurger contre les injustices de ce monde peut parfois porter ses fruits. En 2010, Lucky Peterson sera enfin honoré en France pour sa contribution à la culture noire. L'académie Charles Cros lui remettra le Grand Prix International du Disque pour l'album «You Can Always Turn Around». 

Pour remercier le public français, toujours prompt à l'encenser, Lucky Peterson l'insoumis fera vibrer la capitale en donnant une série de concerts au Duc des Lombards du 19 au 22 mars 2012. 

http://www.ducdeslombards.com/

http://www.myspace.com/luckypetersonmusic