Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte
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Charles Bradley

Le 25 janvier 2011, le label Daptone Records faisait paraître l'album d'un chanteur noir américain dont personne n'avait jamais entendu parler. Et pour cause, ce brave homme a passé l'essentiel de son existence dans la rue à la recherche de petits boulots, dans l'espoir un jour de réaliser son rêve, devenir un Soulman reconnu. Ce monsieur s'appelle Charles Bradley, et son épopée est véritablement poignante !

En 1962, à l'Apollo de New York, le petit Charles Bradley, 14 ans, découvre l'énergie du « Parrain de la Soul », James Brown. Le choc est tel qu'il passera des heures devant son miroir à essayer de reproduire la gestuelle de son héros. Mais les temps sont durs, et au milieu des années 60, les Noirs aux États-Unis sont toujours des citoyens de seconde classe, rares sont ceux qui réussissent à se faire respecter. C'est la raison pour laquelle Charles Bradley devra se résoudre à accepter une vie modeste et sans gloire.  

Cuisinier dans un hôpital psychiatrique, ouvrier sur un chantier à Brooklyn… Il survit et parfois touche le fond. Sans domicile fixe, il erre dans New York à la recherche d'une solution à cette vie de bohème. Mais, la musique de James Brown est toujours présente dans son esprit meurtri. Alors, il tente le tout pour le tout… 

Après 30 ans de renoncement, il ose franchir la porte d'un club, et contre toute attente, l'accueil est chaleureux. Les responsables de la salle de spectacle l'écoutent, le questionnent, et lui proposent de monter sur scène. Cette première apparition publique d'un quinquagénaire habité par la Soul-Music originelle fait mouche. Les premiers échos sont très encourageants à tel point que Gabriel Roth, patron du label Daptone Records, l'invite à entrer en studio pour tester sa vraie valeur dans un contexte professionnel. Le résultat est au-delà des espérances, et Charles Bradley comprend subitement que son rêve devient réalité. 

Lorsque paraît « No Time for Dreaming », Charles Bradley vient de fêter son 62ème anniversaire. Il a tellement attendu cet événement, et réprimé tant d'émotions, que sa voix et ses textes sont noyés de larmes. Il exprime sa colère d'avoir été si mal traité pendant si longtemps, mais il fait le vœu d'un monde plus tolérant, et dit enfin ce qu'il a sur le cœur ! 

Il s'adressera à ses nombreux fans, le 27 juin 2012, dans le cadre du Festival jazz de la Défense, près de Paris. Il repartira ensuite pour la Suède, l'Angleterre, le Canada, les États-Unis, l'Allemagne, la Pologne, et la Belgique. 

Charles Bradley est un survivant qui, désormais, parcourt le monde pour porter la bonne parole et conter son incroyable destinée. 

http://thecharlesbradley.com/ 

http://charlesbradleyfilm.com/

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