Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte
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Bassekou Kouyaté

Bassekou Kouyaté. © C. Jensschwarz

On le dit souvent, les événements politiques, économiques ou sociaux ont une incidence sur la créativité des artistes du monde entier. Il y a un an, Bassekou Kouyaté a, comme nombre de ses homologues, dû répondre à une situation exceptionnelle puisque son dernier album «Jama Ko» (Out Here Records/Harmonia Mundi) fut enregistré dans des conditions très particulières.

Le 22 mars 2012 à Bamako au Mali, le président Amadou Toumani Touré est renversé ! Au même moment, Bassekou Kouyaté débute la production de son nouveau disque qui deviendra, au fil des jours, un plaidoyer pour la paix, la tolérance et l'unité... Profondément choqué par les divisions et les violences que sa terre natale doit désormais affronter, il s'indigne et lance un appel musical à l'apaisement : «Il y a plus de 90% de musulmans au Mali, mais notre vision de l’islam ne correspond en rien avec la vision radicale de la charia : ce n’est pas notre culture. Nous interprétons des chants et des prières en l’honneur du Prophète depuis des centaines d’années. Si les fondamentalistes religieux empêchent les gens de faire de la musique c’est comme s’ils arrachaient le cœur du Mali.»

Maître incontesté du Ngoni, instrument traditionnel d'Afrique de l'Ouest, Bassekou Kouyaté a prouvé, depuis plusieurs années, son attachement à l'échange interculturel. N'avait-il pas participé en 2010 à l'aventure «Afrocubism» qui unissait les couleurs sonores de Cuba et du Mali ? Aujourd'hui encore, il fait appel à la voix et l'aura d'un cousin d'Amérique, le légendaire bluesman Taj Mahal, pour magnifier son répertoire et donner du sens à son désir de partage.

L'engagement citoyen de Bassekou Kouyaté passe aussi par des contes soutenus par d'impeccables interprètes, Khaira Arby et Amy Sacko. Ces fables évoquent l'histoire ancestrale du peuple malien quand un roi Bamana, Sinaly Diarra, résistait au XIXème siècle à l'islamisation forcée du pays.

Le 24 mai 2013, Bassekou Kouyaté délivrera son message de justice et d'égalité à la Bellevilloise à Paris. Gageons que les spectateurs sauront se montrer solidaires en allant applaudir très nombreux le talent universaliste d'un musicien fort respectable.

http://bassekoukouyate.com/