Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte
Retrouvez la playlist de l'Épopée des musiques noires sur Deezer

 

En savoir plus sur l'émission, les horaires, le calendrier ... En savoir plus sur l'émission

Mémoires du Jazz (2ème partie)

Le 26 avril 1984, l'un des plus importants chefs d'orchestre de « L'épopée des musiques noires » nous quittait à l'âge de 79 ans. Il était pianiste, il était devenu l'un des rois du swing dans les années 30, il s'appelait Count Basie. 30 ans après sa disparition, sachons honorer sa mémoire, mais aussi celle de tous ceux qui ont contribué à l'évolution du jazz au fil des décennies et qu'on appelait injustement « Sidemen » ou « Musiciens d'accompagnement ».

Ces virtuoses oubliés ont permis aux grandes formations de connaître le succès grâce à un esprit de famille, une volonté collégiale de proposer la meilleure musique possible. Certains d'entre eux se sont fait un nom, d'autres ont préféré la discrétion, mais leurs destinées respectives méritent d'être contées. Tous ont connu les heures glorieuses des big bands. Tous ont servi le répertoire des grands leaders que furent Count Basie, Duke Ellington, Dizzy Gillespie, Miles Davis, Charlie Parker, et tant d'autres… Mais lorsqu'il fallut quitter le confort des grands orchestres pour tenter l'aventure d'une carrière solo, le défi s'avéra beaucoup plus périlleux pour ces musiciens de l'ombre.

Au milieu des années 40, une nouvelle approche du jazz apparut. L'ère des big bands touchait à sa fin, et des formations plus réduites occupèrent alors les scènes américaines. En d'autres mots, le swing des pionniers laissait place au be-bop d'une jeune génération pleine de fougue et d'entrain, mais la notion de leader ou de chef d'orchestre résista à l'érosion du temps.

Le batteur Art Blakey en fut le parfait exemple. Il menait à la baguette ses « Jazz Messengers » avec une autorité artistique héritée des origines. Son jeu bouillonnant imposait une rigueur que ses musiciens devaient suivre avec application. Le saxophoniste Benny Golson, 85 ans, fit partie de ce quintet légendaire dans les années 50 et réalisa combien il était difficile de quitter l'univers sonore imprimé par un maestro.

La multiplicité des orchestres aujourd'hui a malheureusement brouillé notre perception historique du jazz. Les virtuoses sont si nombreux que l'on banalise leur valeur dans « L'épopée des musiques noires ». En 2014, les pionniers expriment d'ailleurs un regret persistant : Le manque d'intérêt des jeunes pour l'histoire, le peu d'exigence, et la méconnaissance de leurs racines culturelles historiques. C'est la raison pour laquelle il est essentiel de faire une haie d'honneur musicale à ces artisans discrets qui ont vécu les heures glorieuses du jazz au sein des big bands de la grande époque du swing !

http://www.thecountbasieorchestra.com/

Cliquez sur l'image
© Art Kane
A Great Day in Harlem - 12 août 1958 - Réunion de 57 éminents jazzmen de l'époque !