Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte
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Au cœur des années 60...

Civil Rights. © Library of Congress

Il y a un demi-siècle, la Soul-Music accompagnait le quotidien des Afro-Américains en proie à une fronde sociale et raciale de l'administration blanche toute puissante... La lutte pour l'égalité des droits civiques enflammait les esprits et donnait du sens au patrimoine noir. Le bouillonnement musical de l'époque inscrivait dès lors le nom d'artistes valeureux dans l'histoire culturelle de la grande Amérique.

En 2014, les commémorations se multiplient et nourrissent notre désir constant de comprendre la destinée de personnalités majeures dans «L'épopée des Musiques Noires». A 50 ans de distance, deux figures emblématiques de la communauté noire ont suscité révérences et hommages unanimes. D'abord, Otis Redding dont le premier album paraissait en 1964. Ensuite, Bobby Womack dont la disparition récente a ému la planète Soul toute entière ! Leurs aventures respectives appartiennent désormais à la légende. S'ils furent brièvement contemporains, ces deux icônes ont pourtant partagé la même existence. Le récit de leur vie trépidante est un enseignement. Chacun d'eux symbolise ce passé douloureux et glorieux quand la musique devenait le seul exutoire pour nombre de Noirs américains.

© www.otisredding.com
Zelma Redding.

Les propos de Zelma Redding (Veuve d'Otis Redding) illustre, sans conteste, la dimension politique des œuvres composées jadis : «Otis était membre de la NAACP (l'Association pour la Défense des gens de couleur), et ses mots devaient refléter cet engagement. Certes, il n'a pas pris part aux marches de la communauté noire durant le mouvement des droits civiques, mais il partageait cette volonté d'unir tous les peuples quelles que soient leurs origines, afro-américaines ou non ! Il refusait les barrières raciales ! S'il était encore en vie, le message de Martin Luther King ferait partie d'une de ses chansons

Bobby Womack défendait également la force expressive de la Soul-Music : «Travailler à Memphis fut un choc pour moi. C’est alors que mon esprit s’est ouvert, que j’ai compris que la musique n’avait pas de couleur. Avant, j’avais des préjugés. J’avais été le témoin de tellement d’injustices dans ce business. Notamment, quand les Blancs s’appropriaient le travail des Noirs et recevaient les lauriers d’une gloire qu’ils ne méritaient pas. A l’époque, je pensais réellement que nous, les artistes afro-américains, serions exploités jusqu’à notre mort. Ce n’était pas normal, mais j’étais convaincu que l’industrie du disque n’évoluerait pas. J’étais fataliste ! J’ai soudain réalisé, en travaillant à Memphis, qu’il existait des musiciens blancs honnêtes et respectueux de notre musique. C’est à ce moment précis que j’ai compris combien le système nous conditionnait, nous imposait sa vision des choses.»

Les années 60 ont clairement dessiné les contours de la société américaine moderne. Bobby Womack et Otis Redding, parmi tant d'autres, ont œuvré pour la dignité de l'homme noir et méritent à ce titre toute notre considération...

http://www.otisredding.com/

http://bobbywomack.com/