Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte
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Joe Jackson raconte Duke Ellington

© DR

Cela faisait longtemps que le pianiste et chanteur britannique Joe Jackson envisageait de saluer l’immense Duke Ellington. Mais comment devait-il s’y prendre pour ne pas esquinter l’image de cette légende du jazz ? Fallait-il être révérencieux et respecter l’œuvre imposante du chef d’orchestre ou fallait-il se détacher du poids patrimonial pour tenter une expérience ? Sur son dernier album « The Duke », Joe Jackson a choisi une approche sonore très personnelle.

Lorsqu’en 1981, paraît « Jumpin’ Jive », personne ne s’attend à découvrir la tonalité swing de Joe Jackson. Et pourtant, ses adaptations de thèmes signés Louis Jordan ou Cab Calloway sont pertinentes. Sa légitimité dans l’univers de jazz est acquise et l’autorise à s’aventurer sur des terrains musicaux plus audacieux. Au fil des 30 dernières années, le rockeur Joe Jackson s’est progressivement éloigné de ses réflexes d’antan. Son goût pour la culture noire s’est affirmé sur scène et en studio. Il n’est pas rare de l’entendre interpréter en public des classiques de la Soul-Music ou de le voir s’enthousiasmer pour les valeureux jazzmen d’autrefois.

 

Né en 1954, Joe Jackson a vécu de près l’explosion punk des années 70, mais très vite son esprit créatif s’est détourné de la sauvagerie électrique de ses contemporains pour s’inventer un paysage multicolore original. L’énergie du rock épouse désormais un répertoire plus vaste et accompagne les idées lumineuses du compositeur.

 

Devenu arrangeur émérite, Joe Jackson n’hésite plus à remodeler à sa guise diverses pièces écrites pour grands orchestres. C’est ainsi qu’il se retrouve aujourd’hui sur les traces de Duke Ellington. Si cette relecture fera sûrement bondir les puristes, son appropriation malicieuse de standards jazz d’hier devrait susciter quelques réactions amusées et, souhaitons-le, bienveillantes.

Gageons que ses prochains concerts en France (Notamment, le 11 novembre à l’Olympia à Paris), finiront de rassurer les plus attentistes de ses admirateurs.
http://joejackson.com/