Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte
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Qu'est-ce qu'un Crooner ?

Tout au long du XXème siècle, la frontière entre le crooner et le chanteur de jazz a été redessinée, contestée, questionnée par de nombreux musicologues sans qu'ils en aient, pour autant, donné une définition très précise. Si la différence est infime entre ces deux formes d'expression, pourquoi donc avoir inventé des appellations qui les distinguent ? Doit-on finalement opposer ces deux exercices de style vocal ?

© Tim Keller
Allan Harris.

À travers son dernier album, « Black Bar Juke-Box », le chanteur afro-américain Allan Harris affirme que cette querelle sémantique enferme les artistes dans des catégories artificielles et infondées. Fan de Frank Sinatra, Tony Bennett, Nat King Cole, il sait qu'il sera inévitablement comparé à ses aînés, et parfois boudé par les puristes et les gardiens du temple. Mais, Allan Harris garde la tête froide et attache beaucoup plus d'importance au respect du patrimoine qu'aux commentaires désobligeants. 

Allan Harris est né en 1956 à une époque où la ségrégation raciale était encore très féroce aux États-Unis, renforcée par une atmosphère de délation née d'un mouvement extrémiste, le maccarthysme, du nom du sénateur républicain Joseph McCarthy qui considérait que tout citoyen américain de gauche ou progressiste était nécessairement un allié des communistes. En pleine période de guerre froide, cette vision très étriquée de la politique eut pourtant beaucoup d'écho dans la société. À tel point que certains artistes furent accusés d'espionnage pour le compte des Soviétiques et condamnés à de lourdes peines de prison.
 

Enfant, Allan Harris entendit parler de cette « chasse aux sorcières » institutionnalisée, et lorsqu'on lui proposa en 2014 de participer à un spectacle de music-hall consacré à cette décennie effroyable, son âme d'historien et ses souvenirs d'enfance finirent de le convaincre d'accepter cette proposition. C'est ainsi qu'Allan Harris tînt l'un des rôles titre de « Cafe Society Swing », une comédie musicale qui narre la destinée de crooners, chanteurs, danseurs, comédiens, musiciens, dans un club de jazz légendaire le « Cafe Society », un espace de liberté où Blancs, Noirs, artistes de toutes confessions politiques ou religieuses pouvaient se retrouver en toute quiétude et échapper aux pressions sociales et psychologiques.
 

© Caroll Rosegg
Allan Harris dans le spectacle Cafe Society Swing - Décembre 2014.

Discuter avec Allan Harris, c'est un peu comme voyager dans le temps et survoler différentes époques, visiter différents lieux, écouter différents artistes. Au Cafe Society dans les années 30, il y avait Billie Holiday. À l'Apollo dans les années 60, il y avait James Brown. À Paris en 2015, il y a Allan Harris, chanteur de jazz et crooner attachant, pétri de connaissances historiques dont la destinée épouse précisément « L'épopée des Musiques Noires ».
 
http://www.allanharris.com/
 

© Imago

 

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