Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte

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Dr John

Dr John. © Derek Bridges/Wikicommons

Dr John est un cas unique dans l’histoire des musiques populaires américaines. Né, il y a 70 ans, à la Nouvelle Orléans, il s’est nourri de toutes les cultures que cette ville a accueillies depuis des décennies. Jazz, Blues, Soul, Funk, Rythm & Blues, ou Rock’n’Roll, l’univers musical de notre invité du jour est riche, ouvert, multicolore.

Pianiste, chanteur, et sorcier vaudou, dit la légende, Dr John laisse planer le doute sur ses supposées pratiques religieuses enracinées dans les croyances ancestrales. Il est plus probable que ce Monsieur soit davantage attiré par l’imagerie du patriarche ombrageux que par le culte d’un esprit divin hypothétique. 

Quoiqu’il en soit, depuis 50 ans, il affiche clairement son statut de citoyen néo-orléanais en défendant corps et âme les racines africaines, européennes, et indiennes de sa terre natale. Son dernier album en date en est une preuve formelle, il s’intitule « Tribal » et nous invite à faire mieux connaissance avec une communauté qui a dessiné les contours d’une cité, devenue capitale du jazz au début du XXème siècle, grâce notamment au trompettiste Louis Armstrong. 

De Sidney Bechet à Fats Domino, des Neville Brothers aux frères Marsalis, New Orleans est un lieu d’échanges et de contrastes où se croisent toutes formes d’expression. Dr John a donc grandi dans cet espace sonore où chacun peut avoir sa chance. Il est aujourd’hui une figure éminente de la région, et il n’est pas rare que d’importantes personnalités se pressent pour saluer l’artiste ou honorer une invitation en studio. 

Son seul regret ? N’avoir jamais pu jouer aux côtés de son maître, son mentor, Duke Ellington, même s’il parvînt à échanger quelques mots avec le légendaire chef d’orchestre en 1970 : « J’ai eu le plaisir de rencontrer Duke Ellington. Nous étions dans l’avion pour la Nouvelle Orléans où avait lieu le Jazz and Heritage Festival. Je n’osais pas le déranger, c’était tout de même Duke Ellington ! Finalement, je suis allé le voir : « Bonjour Mr Ellington, nous nous sommes déjà rencontrés, etc. » Et j’ai fini par lui dire : « Monsieur, vous avez fait le bonheur de ma vie. »

A l’arrivée en Louisiane, je descends en premier de l’avion, et je vois les musiciens de l’orchestre local. Je leur demande s’ils sont là pour Duke Ellington. Et bien non, ils étaient venus pour un groupe sans nom, j’ai dit : « Quoi ! Vous feriez mieux de jouer un thème pour Ellington, sinon je vais vous botter le train ! » Heureusement, ils ont fini par jouer « Take the A train », ils connaissaient au moins ce titre là». 

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