Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte
Retrouvez la playlist de l'Épopée des musiques noires sur Deezer

 

En savoir plus sur l'émission, les horaires, le calendrier ... En savoir plus sur l'émission

Santana à Montreux

Carlos Santana, le 14 juillet 2015 à Montreux. © Lionel Flusin

Le 14 juillet 2015, Carlos Santana livrait une prestation époustouflante en Suisse dans le cadre du 49ème Montreux Jazz Festival. Outre ses nombreux succès («Europa», «Maria Maria», «Soul Sacrifice») interprétés avec fougue, le célèbre guitariste s'est offert le luxe de paraphraser les grands thèmes de la culture afro-planétaire, «A Love Supreme» (John Coltrane) ou «Soul Makossa» (Manu Dibango)... Rien de bien étonnant puisqu'il ne cesse de clamer son amour pour le continent africain qui lui a apporté, dit-il, les réponses à sa quête existentielle et spirituelle.

© Wikicommons
Santana à Woodstock.

Adepte d'un blues ancestral insufflé par le regretté Ali Farka Touré, fervent défenseur du patrimoine jazz légué par Miles Davis, adorateur des musiques caraïbes portées naguère par Bob Marley, Carlos Santana a dessiné les contours de son œuvre en préservant le répertoire de ses aînés et de ses contemporains. Depuis les années 60, et son happening remarqué au Festival de Woodstock, Santana n'a jamais quitté la scène virevoltant intelligemment sur les modes en prenant soin de choyer ses vraies valeurs artistiques héritées de la diaspora africaine internationale. 

A Montreux, Carlos Santana est chez lui... Il s'est produit 13 fois sur les rives du Lac Léman depuis 1970, et s'autorise désormais quelques digressions musicales qui ravissent les spectateurs et allongent considérablement la durée de ses prestations. Cette année, notre guitar-hero sera resté 3h30 sur scène ! Et comme si cela ne suffisait pas, il a convié un ami de longue date, le guitariste britannique John Mc Laughlin, à venir improviser à ses côtés pour le plus grand plaisir d'un public aux anges.
 

© Lionel Flusin
John Mc Laughlin et Carlos Santana, le 14 juillet 2015 à Montreux.

Chacune des apparitions de Carlos Santana à Montreux a marqué l'histoire du festival. Le concert de juillet 1988 restera cependant l'un des événements majeurs. Ce jour-là, le fameux guitariste mexicain partageait l'affiche avec la saxophoniste américain Wayne Shorter, ancien partenaire de Miles Davis et créateur du groupe Weather Report. La maestria de ces deux artistes incomparables subjugua littéralement la foule du Casino de Montreux jusqu'à l'ovation finale qui saluait un hommage appuyé à Nelson Mandela, alors toujours captif des geôles sud-africaines.
 

Carlos Santana a pris le temps de nous conter quelques épisodes de sa fabuleuse épopée lors de son passage à Montreux, et de réaffirmer son attachement au continent africain qu'il chérit sincèrement : «Le peuple d'Afrique, comme le peuple amérindien, a en lui cette résistance spirituelle qui lui a permis de contrer les assauts des colons. On l'a tellement privé de liberté. Les Africains étaient des esclaves mais lorsqu'ils jouent leurs musiques, ils sont libres». 

http://www.santana.com/
 
www.montreuxjazzfestival.com 
 

 

Facebook/Twitter édition