Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte
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Chico Freeman

Chico Freeman. © ( Claudio Casanova/All About Jazz)

C’est Elvin Jones lui-même, le Vulcain de la batterie moderne, l'inépuisable source d'énergie du quartet de John Coltrane, qui a contribué à faire connaître Chico Freeman au public international dans les années 70. Le jeune saxophoniste n'était déjà plus un novice, lui qui avait chanté dès son plus jeune âge dans la chorale des soeurs Hutchinson, les futures « Emotions », lui qui avait appris le piano, la trompette, et finalement le saxophone grâce à son père Von Freeman, une légende du jazz de Chicago.

© Claudio Casanova/All About Jazz

Chico Freeman déclare d'ailleurs : « Un piano trônait chez nous, et j'ai grandi en observant mon père Von et ses deux frères George et Bruz répéter pour leur groupe : les Freeman Brothers. Le meilleur ami de mon grand-père paternel, lui-même pianiste, était Louis Armstrong. Quand Armstrong s'est installé à Chicago, il a d'abord habité avec mes grands-parents, mon père Von était encore tout jeune et il écoutait déjà son propre père et Louis Armstrong répéter ensemble ! Ma mère aussi jouait du piano, et ma grand-mère jouait de la guitare et chantait le gospel avec Mahalia Jackson. » 

Rien d'étonnant à ce que Chico Freeman ait hérité de ce « big saxophone Sound » caractéristique de Chicago, ni qu'il ait été parrainé par un autre grand ténor de la ville, Fred Anderson, pour entrer dans l'association de défense des artistes noirs-américains, l’AACM, ayant grandi lui-même avec l'âme de la « Great Black Music ». 

Depuis, celui qui a joué indifféremment avec Memphis Slim, Lester Bowie, Hank Jones, Don Pullen, les Temptations, ou Sun Râ, a trouvé son inspiration du côté des musiques de la diaspora africaine, du Mali au Brésil, et même, du côté de la pop et de l'électronique, insistant sur l'idée que la seule approche possible pour le jazz de demain ait justement une diversité d'approches. 

Restant fidèle à son projet initial, à savoir recontextualiser les rythmes be-bop, en tirer de nouveaux effets et de nouvelles réalités, le fondateur des leaders (groupe composé uniquement de chefs d'orchestres), convie aujourd'hui les anciens musiciens d’Elvin Jones à reprendre les choses là où l'immense batteur les avait laissés.

 

 

 

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