Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte

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We Are Family

Debbie Sledge en concert à Copenhague (Décembre 2015). © Signe Roderik

Si vous êtes un enfant de la génération disco, vous connaissez forcément le classique We Are Family interprété en 1979 par le groupe Sister Sledge, composé de quatre sœurs : Kathy, Kim, Joni, Debbie. Il se trouve que Debbie Sledge se rappelle à notre bon souvenir en faisant paraître, en compagnie du pianiste danois Niels Lan Doky, un album live surprenant puisque l’humeur funk d’antan est aujourd’hui matinée de sonorités jazz de haute volée.

Le 20 septembre 2016, Debbie Sledge était à Paris pour présenter dans un club de la ville lumière, le Sunside, le fruit de sa collaboration avec son nouveau meilleur ami, Niels Lan Doky. Il faut croire que la rencontre de ces deux amoureux de la culture noire fut un coup de foudre artistique à en juger par les louanges du pianiste à l’égard de la célèbre chanteuse. Une interrogation légitime nous taraude cependant : Comment une artiste issue d’un mouvement musical très daté, comme le disco-funk des années 70 et 80, a pu embrasser la tonalité jazz d’un pianiste aguerri ?

 

© Christian Rose
Debbie Sledge et Niels Lan Doky à Paris (20 septembre 2016).

C’est justement la force de « L’épopée des Musiques Noires ». Aux États-Unis notamment, la grande majorité des artistes afro-américains a en elle la sève de la communauté noire. Les genres musicaux ne sont que des catégories qui identifient un répertoire pour le marché discographique. Que l’on soit Blues, Soul, Gospel, Funk, Rap, importe peu... Tous ces styles de musique ne sont que les branches d’un seul arbre. C'est la raison pour laquelle Debbie Sledge peut aisément évoluer dans l’univers du jazz sans prétention, ni faux semblant.
 
Pianiste européen, Niels Lan Doky est le premier épaté par le savoir faire des artistes afro-américains, et bien qu’il ait moult fois brillé aux côtés des plus grands, de Ray Brown à Joe Henderson ou Al Jarreau, il se laisse chaque fois surprendre par le talent immense de ses partenaires de scène, et Debbie Sledge ne fait pas exception. Voir et entendre cette impeccable virtuose de l’art vocal interpréter, avec la même aisance, une œuvre classique signée George Gershwin ou un grand succès du légendaire James Brown, démontre la flexibilité et l’ouverture d’esprit de la dame.
 
Au-delà de leur joyeux dialogue musical, l'association de Debbie Sledge et Niels Lan Doky a donné naissance à une idée qui dépasse largement la rencontre heureuse de deux personnalités talentueuses. C’est le début d’une autre aventure, celle d’un club de jazz, Le Standard à Copenhague, et d’un label, « Standard Live Recordings », qui proposera dans l’avenir d’autres enregistrements en public. C’est en tous cas le vœu de Niels Lan Doky, initiateur de ce projet ambitieux. Le premier album édité par « Standard Live Recordings » est évidemment celui de Debbie Sledge. Gageons que ce disque, numéro 001, portera chance à ces deux âmes sensibles et généreuses. 
 
Site officiel de The Standard jazz club

 

© Christian Rose
Debbie Sledge et Niels Lan Doky répondent aux questions de Joe Farmer.