Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte

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Curtis Mayfield, la poésie active

Curtis Mayfield. © Norman Seeff

Au cœur des années 1960, un groupe de soul music afro-américain distille, avec bravoure, des messages de résilience alors que la communauté noire peine à obtenir une justice citoyenne et un traitement social équitable. Les Impressions ne seront pas la formation la plus célèbre aux États-Unis à l’époque, mais leurs œuvres ne passeront pas inaperçues. La teneur militante de certaines de leurs chansons accompagnera le mouvement des droits civiques emmené par le pasteur Martin Luther King. Cette fibre activiste sera insufflée par l’un des membres frondeurs de ce quintet historique, le chanteur et guitariste, Curtis Mayfield.

People Get Ready, We’re a Winner, Keep on Pushing deviendront les hymnes d’une contestation populaire grandissante. Cependant, à l’aube des années 1970, la flamme vacille. Les grands orateurs d’antan ont été réduits au silence et la désillusion l’emporte. Curtis Mayfield décide alors de poursuivre seul son combat des idées. Sa poésie active peut servir, pense-t-il, le bien commun. Il entreprend donc une carrière solo qui sera couronnée de succès. Move on up, extrait de son premier album, sera l’une des mélodies accrocheuses de 1971. Curtis Mayfield voit sa notoriété exploser alors qu’il compose la bande originale du film Superfly. Ce long-métrage, réalisé par Gordon Parks, deviendra le symbole d’un genre cinématographique africain-américain appelé "Blaxploitation".

 

© Norman Seeff
Curtis Mayfield.

Tout au long de sa vie, Curtis Mayfield conservera cette image d’artiste insoumis, mais sa verve se flétrira parfois au profit d’une intention artistique polie. Son discours bienveillant résistera, malgré tout, à l’érosion du temps. Sa vie bascule le 13 août 1990. Alors qu’il se produit sur scène à Brooklyn, un projecteur se décroche et le frappe violemment. Il restera paralysé jusqu’à son décès, le 26 décembre 1999. 20 ans après sa disparition, l’industrie du disque se souvient et fait paraître le coffret Keep on Keeping on, regroupant les quatre premiers albums de cette figure majeure de L’épopée des musiques noires.

Sebastian Danchin, historien, producteur, auteur, et spécialiste de la culture africaine-américaine, eut le privilège de côtoyer de près Curtis Mayfield et d’observer l’homme et l’artiste au quotidien. Il nous livre ses souvenirs en exclusivité.

Le site internet de Curtis Mayfield

 

© Christian Rose
Sebastian Danchin à RFI.

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