Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte
Retrouvez la playlist de l'Épopée des musiques noires sur Deezer

Du 30 juin au 21 juillet 2019 : Diffusions supplémentaires de L’épopée des Musiques Noires 

  • Le Dimanche à 10h10 (Temps Universel)
  • Le Lundi à 00h10 (Temps Universel)
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Le Bénin sous les Pommiers

Angélique Kidjo en concert à Coutances, le 25 mai 2019. © Francis Bellamy/JSLP 2019

Le festival "Jazz sous les Pommiers" à Coutances (nord-ouest de la France) milite depuis, bientôt 40 ans, pour une ouverture généreuse et éclectique de notre paysage musical. La 38e édition a débuté avec la prestation acoustique et en trio de la fantastique Angélique Kidjo tandis que, dans les rues de cette petite ville normande, la fanfare béninoise Olaïtan ravissait les spectateurs fascinés par l’expressivité de ces musiciens, méconnus dans nos latitudes, mais si talentueux.

Actuellement en tournée européenne pour promouvoir son dernier album en hommage à l’immense et regrettée chanteuse cubaine Celia Cruz, Angélique Kidjo avait choisi, le 25 mai 2019, d’honorer la mémoire de son aînée, lors d’un concert en plusieurs tableaux et en petite formation. Outre Dominic James à la guitare et Marcos Lopez aux percussions, elle fut rejointe par le délicat trompettiste français Erik Truffaz pour une évocation de son épopée à travers le temps. Les clins d’œil à ses marraines de cœur furent d’ailleurs nombreux. L’esprit de Miriam Makeba et celui de Celia Cruz semblaient nourrir la voix lumineuse de Madame Kidjo. Les répertoires de Bob Marley et de Talking Heads étaient aussi au programme dans une relecture afro-étincelante.

© RFI/Joe Farmer
Angélique Kidjo au festival "Jazz sous les Pommiers 2019".

Au-delà du talent indéniable de cette artiste complète, il faudra retenir son verbe. Face aux injustices et crispations auxquelles elle est parfois confrontée lors de ses voyages autour du monde, Angélique Kidjo ne peut pas se taire et profite du privilège d’avoir un micro pour faire entendre son indignation. Elle rappelle les bienfaits de vivre ensemble, de se connaître, de partager et d’écouter. Chacune de ses interventions pour présenter une chanson est un appel à la tolérance, une mise en garde contre le repli sur soi. Sa grandeur d’âme ne peut pas se satisfaire d’une planète où l’individualisme l’emporte. Alors, elle s’exprime sans périphrase pour influer une humeur positive et généreuse en chacun de nous. Le public de Coutances en fut fort séduit et l’acclama debout.

Quelques heures plus tard, c’est un autre écho de la culture béninoise que les festivaliers pouvaient découvrir. La fanfare Olaïtan, venue de Porto-Novo, portait le message originel d’une tradition africaine ancestrale. Cet orchestre de 8 musiciens fut contraint de se présenter à 6 sur scène. Deux membres du groupe ont récemment été victimes d’un accident de moto les privant d’une tournée dont ils se réjouissaient. Malgré ces tristes déconvenues, Olaïtan prit la route et parvint brillamment à soulever les foules en invitant les spectateurs à chanter et danser en communion.

© Isabelle Laurence/JSLP 2019
La fanfare Olaïtan en concert à Coutances, le 26 mai 2019.

"Jazz sous les Pommiers" a une nouvelle fois réussi le pari de proposer une affiche ouverte et audacieuse. De Jacques Schwarz-Bart à Melvin Taylor, Magic Malik ou Joshua Redman, toutes les couleurs du jazz ont scintillé durant cette semaine de jubilation sonore. Denis Lebas, chef d’orchestre de ce rendez-vous printanier normand, a d’ailleurs reçu en 2017 la Victoire du Jazz du meilleur programmateur. Sa curiosité est sûrement un gage de longévité pour ce festival bientôt quarantenaire !

Le site de Jazz sous les Pommiers

Le site d'Angélique Kidjo

La présentation de la fanfare Olaïtan