Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte
Retrouvez la playlist de l'Épopée des musiques noires sur Deezer

Du 30 juin au 21 juillet 2019 : Diffusions supplémentaires de L’épopée des Musiques Noires 

  • Le Dimanche à 10h10 (Temps Universel)
  • Le Lundi à 00h10 (Temps Universel)
En savoir plus sur l'émission, les horaires, le calendrier ... En savoir plus sur l'émission

Raashan Ahmad, un afro-poète à Paris

Raashan Ahmad, le 10 juin 2019 à Paris. © Christian Rose

Né dans le New Jersey, le poète et slameur Raashan Ahmad a choisi Paris pour présenter The Sun, un album multiculturel à l’image de la capitale française. Le jeune hâbleur tient de son père, DJ, cette verve insatiable. Il fut, en effet, bercé toute son enfance par une gouaille paternelle qui annonçait les disques de Marvin Gaye, Anita Baker, Frankie Beverly, dans les night-clubs de Pasadena en Californie. C’est au Mona Bismarck American Center que Raashan Ahmad dévoila quelques extraits de sa dernière production, lors de la 4e édition du Paris-New York Heritage Festival qui se tient jusqu’au 6 juillet 2019 dans 6 villes et sur 3 continents : Johannesburg, Paris, New-York, Montréal, Vancouver, Los Angeles. Sacré défi !

L’Afrique n’est jamais loin lorsque l’on écoute les compositions très modernes de Raashan Ahmad. Après avoir passé quelques jours à Dakar, le jeune rappeur s’est nourri de cet écho sonore pour ses propres productions, et s’est inspiré des œuvres et de la scansion de Rhapsod, son homologue sénégalais. Il s’est rapproché de ses racines, et a perçu l’importance de célébrer la terre de ses ancêtres. Par ailleurs, en adaptant I Got Life sur son dernier album, il a donné un nouvel éclat à un engagement citoyen porté autrefois par l’illustre et regrettée Nina Simone. Raashan Ahmad est donc un artiste éclairé qui n’hésite pas à hurler "No !" en introduction de son disque, The Sun, pour dénoncer les exactions policières contre la communauté noire et les dérives sociales aux États-Unis.

 

© Christian Rose
Raashan Ahmad devant les studios de RFI.

 

Chaque titre de son répertoire évoque un trouble, une quête identitaire, une recherche de sérénité. Pain Away, par exemple, traduit ce désir de chasser la douleur psychologique que son statut d’homme noir au XXIe siècle lui inflige. Il y a pourtant de l’espoir dans les déclamations de Raashan Ahmad, comme une ambivalence de sentiments. La perte d’un être cher côtoie la naissance d’un enfant. L’émerveillement devant notre planète bleue se fracasse sur les tribulations du monde. Les textes de Raashan Ahmad ne sont que contrastes. Une seule constante résiste à ses humeurs changeantes, c’est une forme de militantisme délicat que des mélodies et une incroyable cadence révèlent.

Nous aurions pu passer à côté de cette voix protestataire mais, curieusement, nous avons pensé à Gil Scott Heron, autre poète et activiste afro-américain dont les mots furent jadis de véritables coups de poing. Il paraissait donc logique que Raashan Ahmad soit à l’affiche d’un festival dont la fibre revendicatrice est indéniable. La contestation a toujours mieux résonné à travers la culture et le « Paris-New York Heritage Festival » semble suivre cette voie avec force et conviction. Après sa prestation du 14 juin 2019 à Paris, Raashan Ahmad reprendra son bâton de pèlerin et délivrera son message le 18 juin à Marseille, et le 24 juin 2019 à Nanterre.

Le site de Paris New York Heritage Festival

La page Facebook de Raashan Ahmad

 

 

© RFI/Joe Farmer
Raashan Ahmad au micro de Joe Farmer.