Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte
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Une nuit de blues tourne à l’orage…

La scène du théâtre antique de Vienne à quelques minutes d’un violent orage, le 1er juillet 2019. © RFI/Joe Farmer

Le festival "Jazz à Vienne" n’a pas attendu sa 39e édition pour prouver son éclectisme. Cette année encore, la diversité des musiques et cultures, nées de la diaspora africaine dans le monde, irradie le théâtre antique. De José James à Chucho Valdès, de Bobby McFerrin à Manu Dibango, de Calypso Rose à Bonga, ils sont tous là. Le 1er juillet 2019, c’est un feu d’artifice blues qui devait illuminer la cité gallo-romaine avec la venue de Ben Harper, Zac Harmon, et Melvin Taylor, trois éminents gardiens de la note "bleue". Sauf que les éléments en décidèrent autrement. Un violent orage eut raison des installations techniques et, par mesure de sécurité pour les spectateurs fidèles mais rincés, les organisateurs décidèrent d’annuler cette belle soirée.

Zac Harmon et Melvin Taylor prirent tout de même le temps de répondre à nos questions même si la déception se lisait sur leur visage. Tous deux originaires de Jackson dans le Mississippi, là où les pionniers du genre écrivirent de belles pages de l’histoire africaine-américaine, ils ont vécu les grandes heures de l’histoire du blues et souhaitaient nous conter leur épopée.

 

© RFI/Joe Farmer
Le bluesman Zac Harmon à Vienne (France), le 1er juillet 2019.

 

Zac Harmon est un guitariste affuté qui a grandi à l’écoute de ses aînés et, notamment, ses parents musiciens qui fréquentaient B.B King, Albert King, Muddy Waters, Ike & Tina Turner et tant d’autres… En choisissant de quitter le sud des États-Unis pour la Californie à l’âge de 20 ans, Zac Harmon découvre les opportunités qu’une ville comme Los Angeles peut lui offrir. Il devient alors l’instrumentiste que l’on réclame ici ou là pour des sessions d’enregistrement. Il collabore même un temps avec les équipes de Michael Jackson en qualité de compositeur pour sa maison d’édition musicale, ATV Music. Depuis 2002, il a fait paraître 7 albums dont Mississippi BarBQ disponible, cet été, chez Catfood Records. Il se faisait une joie d’ailleurs, le 1er juillet 2019, de présenter des extraits de ce nouveau répertoire au public fervent du théâtre antique mais la pluie, la grêle, le vent et le tonnerre furent plus forts.

 

© Guy Carlier
Melvin Taylor dans l’après-midi du 1er juillet 2019, dans les jardins de Cybèle à Vienne, juste avant l’orage qui annula la soirée !

 

 

Melvin Taylor avait, de son côté, choisi l’intimité du club de minuit pour épater les amateurs de cavalcades guitaristes effrénées. Lui aussi fut la victime non consentante des conséquences d’un dérèglement climatique de plus en plus palpable. Sa prestation n’eut jamais lieu. Véritable virtuose, ce musicien fougueux a très tôt montré une aptitude à jouer viscéralement le blues. Il n’avait que 6 ans lorsqu’il toucha sa première guitare ! À Chicago où ses parents décident de déménager au tournant des années 1960, il entend les grandes figures d’alors, Albert King, Jimmy Reed, Wes Montgomery… Plus tard, c’est la sonorité électrique d’un certain Jimi Hendrix qui le captivera et l’inspirera grandement. Il est aujourd’hui ce sexagénaire aguerri, dont de rares amateurs de blues connaissent réellement la prestigieuse aventure musicale qui le vit croiser, au fil des décennies, la route de Carlos Santana, George Benson, B.B King ou Buddy Guy…

 

© Daniel Durand
Marquis Hill en concert, le 2 juillet 2019, à Vienne.

 

Le blues devait faire scintiller la nuit de "Jazz à Vienne" le 1er juillet 2019, ce sont finalement les éclairs qui illuminèrent le ciel !

Le lendemain, le soleil brilla de 1 000 feux et éclaira jusqu’au crépuscule les voix singulières de messieurs Bobby McFerrin et José James qui, à leur façon, font vivre "L’épopée des Musiques Noires". Le premier virevolte au milieu des notes. Le second s’applique à rendre hommage à ses héros, notamment Bill Withers. Deux accents, deux angles d’un même art vocal. Et puis, il y eut ce trompettiste de 32 ans, fascinant, envoûtant, palpitant, qui fit ruisseler son hip-hop jazz-slam inspiré au club de minuit. Il s’appelle Marquis Hill. Il faudra retenir son nom !

Le site du festival Jazz à Vienne

Le site de Ben Harper

Le site de Zac Harmon

Le site de Melvin Taylor

Le site de Marquis Hill

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