Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte
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Nick Gold, producteur inspiré…

Nick Gold, enchanté de présenter ses plus fameuses productions aux auditeurs de RFI. © Christian Rose

Depuis plus de 20 ans, le producteur britannique Nick Gold veille à la préservation d’un patrimoine majeur à travers le label "World Circuit", éditeur des albums du regretté Ali Farka Touré, du Buena Vista Social Club ou, plus récemment, du Trio Da Kali et du Kronos Quartet. À l’occasion d’une série de rééditions prestigieuses, Nick Gold nous conte cette semaine son aventure musicale qui épouse précisément "L’épopée des Musiques Noires".

Nick Gold a passé plusieurs décennies à écouter, savourer et finalement magnifier les œuvres d‘artistes qu’il juge essentiels. Aux Caraïbes ou en Afrique, il perçoit très tôt l’authenticité des musiques dites matrices. Il flaire, par exemple, en 1995, la ferveur intacte de vétérans méconnus et leur envie irrépressible de retourner en studio. Sous l’impulsion de Juan de Marcos Gonzalez, fondateur de Sierra Maestra, un orchestre dédié aux rythmes et traditions cubaines, Nick Gold réalise qu’un pan entier de cet héritage massif a été progressivement oublié. Il s’emploie alors à rendre justice à ces artisans du son afro-latin. L’épopée du Buena Vista Social Club va bientôt commencer et fera sa renommée.

Quelques années plus tôt, c’est sa rencontre à Londres avec l’immense Ali Farka Touré qui lui donnera les clés d’une compréhension africaine de l’expression artistique. Nous sommes au cœur des années 80, Nick Gold ressent instantanément, au contact de cet imposant personnage, la force d’une culture ancestrale et la nécessité de la chérir. Il mettra tout en œuvre pour donner du relief à ce blues malien que son hôte vit au quotidien. Quelques Grammy Awards salueront d’ailleurs ce travail méticuleux d’un producteur passionné. Certes, Ali Farka Touré nous a quittés en 2006 mais, grâce à Nick Gold, son aura continue d’inspirer.

© World Circuit
Les albums historiques produits par Nick Gold.

De Cuba au Mali, des liens invisibles, mais tellement palpables ont permis la naissance de projets fort pertinents initiés par Nick Gold. La création d’Afrocubism fut, à ce titre, une preuve formelle de l’intangible fraternité transatlantique entre musiciens caribéens et africains. Le Grupo Patria d’Eliades Ochoa dialoguait ainsi naturellement avec Djelimady Tounkara, Bassekou Kouyaté, Toumani Diabaté, entre autres… "World Circuit" devint un label ouvert aux échanges interculturels. Encensé par ses contemporains, Nick Gold ne s’est pourtant jamais laissé endormir par les louanges. Il sait que les honneurs doivent s’accompagner d’idées nouvelles au risque de tarir l’enthousiasme.

En 2017, il imagina une fusion audacieuse entre la tradition orale africaine et l’écriture académique européenne. En mariant le trio Da Kali et le Kronos Quartet, il parvint à prouver que le partage est une vertu et la promesse d’une entente harmonieuse entre instrumentistes venus d’horizons très divers. Cet album fut aussi l’occasion de découvrir la voix lumineuse de la chanteuse Hawa Diabaté, fille du regretté Kassé Mady Diabaté. Son interprétation frissonnante du classique gospel God Shall Wipe All Tears Away, immortalisé par la regrettée Mahalia Jackson, fit l’unanimité.

Alors que "World Circuit" entre dans le giron du label BMG, Nick Gold veut redonner de l’éclat à ses anciennes productions. Il présente aujourd’hui à nouveau, en vinyle, certains des albums historiques dont il fut l’un des instigateurs : Savane, l’ultime enregistrement d’Ali Farka Touré ; Buena Vista Social Club presents Omara Portuondo qui révéla la célèbre chanteuse cubaine au monde entier ; Rumba Argelina par Radio Tarifa ; El Carretero de Guillermo Portabales. Nul doute que d’autres surprises nous attendent en 2020 tant ce producteur sait dénicher les pépites musicales de notre temps.

Le site de World Circuit

© World Circuit/BMG
Les albums vinyle réédités en 2019.

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