Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte
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La thérapie de Castry

Stéphane Castry à RFI. © Christian Rose

Stéphane Castry est un bassiste français dont la virtuosité l’a menée sur les scènes internationales aux côtés des plus grandes personnalités de "L’épopée des Musiques Noires" dont Angélique Kidjo, Keziah Jones, les Nubians, Asa, Ayo, Franck McComb, Cheick Tidiane Seck, Imany, entre autres…

Il lui aura fallu 20 ans de collaboration intensive pour enfin trouver le temps d’enregistrer un album sous son nom. Basstry Therapy, le premier écho d’une quête stylistique personnelle, parut en 2017. Gageons que l’année nouvelle consolidera l’aventure musicale toujours périlleuse d’un instrumentiste audacieux.

Stéphane Castry a préféré patienter avant de franchir le pas. Il devait mûrir et se confronter à ses contemporains pour estimer sa valeur artistique. Rien ne le prédestinait d’ailleurs à une carrière de musicien puisqu’il s’imaginait aiguilleur du ciel. Il faut croire que regarder vers les cieux lui a finalement donné l’envie de concrétiser ses rêves les plus fous. Ainsi, au fil des années, il a écumé les scènes internationales en compagnie des étoiles de notre temps. En 2005, il participait par exemple à la célébration du 60ème anniversaire du regretté Bob Marley à Addis-Abeba en Éthiopie. Ces moments uniques ont façonné sa personnalité altruiste et sa musicalité multicolore. Ses origines guadeloupéennes ont, sans nul doute, contribué à cette ouverture d’esprit.

© Christian Rose
Stéphane Castry dans les studios de RFI.

La culture caribéenne est métisse et Stéphane Castry puise certainement son inspiration de différentes sources. Il parvient cependant à inscrire son répertoire dans les traditions sonores antillaises. Le titre Basszurka, notamment, est un clin d’œil à la mazurka de son enfance qu’il revitalise avec ses héros et amis, Alain Jean-Marie, Sonny Troupé, Joël Netry. Les ronchons diront peut-être qu’il faut avoir des connaissances stylistiques pour apprécier l’album, Basstry Therapy, mais qu’importe ! La maîtrise n’interdit pas la poésie mélodique. L’exigence n’est pas un frein aux circonvolutions harmoniques. Il serait, de surcroît, injuste de réduire Stéphane Castry à un orfèvre de la basse dont la technique musèlerait la sensibilité.

Contentons-nous de lire ces quelques lignes extraites du livret de son disque : "En ces temps troublés et de bouleversements dans le monde, je souhaiterais apporter un message de paix et d’apaisement à travers ma musique. J’ai eu la chance de parcourir beaucoup de pays et de découvrir un bon nombre de styles musicaux. Quelle que soit notre culture, notre religion, notre couleur de peau, la musique fait partie intégrante de notre vie. Je n’ai aucune prétention à vouloir apporter quoi que ce soit de nouveau à travers la musique, non… loin de là. Elle est jouée avec le cœur. Elle est amour, partage, une synthèse des différentes rencontres et tournées auxquelles je mêle ma propre culture". Pouvons-nous encore douter de la générosité du personnage ?

Le site de Stéphane Castry

 

© CastryProd
Le dernier album en date de Stéphane Castry.