Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte
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Bai Kamara Jr, le Krio Blues universel

Bai Kamara Jr à RFI. © RFI/Joe Farmer

Originaire de Sierra Leone, le guitariste et chanteur Bai Kamara Jr a grandi et étudié en Angleterre avant de, finalement, séjourner en Belgique. Ce périple intercontinental a nourri sa musicalité afro-blues de multiples sonorités.

S’il ne renie pas sa culture krio, il reconnaît volontiers avoir écouté avec soin les figures tutélaires du blues américain. John Lee Hooker est l’un de ses héros. Son dernier album Salone (la Sierra Leone en langue krio) est un clin d’œil à cette terre qui l’a vu naître, et dont il ressent intensément la force expressive.

Bien que nous ayons le sentiment de découvrir cet artiste aujourd’hui, son aventure discographique a débuté il y a presque 20 ans. C’est au tournant du XXIème siècle que le nom de Bai Kamara Jr apparaît dans le paysage musical européen. Il est déjà un musicien attachant qui n’hésite pas à donner de sa personne pour des causes nobles. C’est ainsi qu’il participera en 1998 avec Youssou N’Dour au projet "Building Bridges" en collaboration étroite avec le Haut Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés (UNHCR). Membre actif d’Amnesty International, son grand cœur le pousse à soutenir différents événements caritatifs. La crise sanitaire de 2014 en Sierra Leone où le virus Ebola fit de nombreuses victimes l’incita à donner des concerts au profit de Médecins Sans Frontières. L’année suivante, après avoir été profondément ému par les images effroyables d’hommes et de femmes abandonnés à leur sort en mer Méditerranée, il enregistre If I could walk on water en compagnie, notamment, de Marie Daulne (Zap Mama), Beverly Jo Scott et Manou Gallo pour lever des fonds et concourir au sauvetage d’êtres humains en péril.

© Moosicus/UVM
Le dernier album en date de Bai Kamara Jr.

Bai Kamara Jr est une âme sensible qui ne peut accepter la fatalité. Sa musique est son cri, et ses albums le prouvent. Ses rencontres avec les étoiles de notre temps, Cassandra Wilson, Rokia Traoré, Habib Koité, ne sont dictées que par un désir sincère de partager des expériences et de susciter l’engouement. Son nouvel et septième album, Salone, est une nouvelle étape réjouissante. Bai Kamara Jr relève le défi de maîtriser seul son interprétation. Il joue de tous les instruments et se plonge dans ses racines africaines qu’il n’avait jamais vraiment exploré jusqu’à ce jour. Cette introspection devait nécessairement passer par une lecture personnelle du blues, seule forme d’expression suffisamment dépouillée de tout artifice pour ne se concentrer que sur l’essentiel : la source, l’identité, l’authenticité.

Bai Kamara Jr sera en concert, le 14 mars 2020, au Méridien Étoile à Paris. Il parcourra ensuite l’Europe durant ce printemps 2020. Délectons-nous de cette vibration délicatement rugueuse.

Le site de Bai Kamara Jr.

© RFI/Joe Farmer
Bai Kamara Jr réfléchit à son prochain concert à Paris.

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