Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte
Retrouvez la playlist de l'Épopée des musiques noires sur Deezer

 

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L’écho des Festivals (1ère partie)

Les Ladysmith Black Mambazo en concert à Coutances lors de la 33ème édition de "Jazz sous les Pommiers", le 11 mai 2013. © Pierre-Yves Le Meur/JSLP 2013

Durant tout le mois de juillet 2020, "L’épopée des Musiques Noires" soutient le spectacle vivant pénalisé par la crise sanitaire mondiale et vous propose une série d’émissions réalisées, ces dernières années, dans les festivals de France et de Navarre.

Alors que la pandémie de Covid-19 interdit la tenue des principaux festivals en France et à l’étranger, nous nous plongeons cette semaine dans les archives de deux manifestations musicales d’envergure : "Jazz sous les Pommiers" et "Jazz à Vienne".

Le premier volet de notre série estivale nous ramène d’abord en 2013 lorsque les Ladysmith Black Mambazo, célèbre formation vocale sud-africaine, donnait un concert vibrant à Coutances en Normandie (nord-ouest de la France). La 33e édition de "Jazz sous les Pommiers" battait son plein et les festivaliers découvraient, enchantés, les harmonies de ce chœur légendaire qui épousa les soubresauts de l’histoire, dès les années 1960, alors que l’apartheid était tristement la norme. Cette situation inextricable fut le quotidien de millions d’individus en Afrique australe jusqu’à la libération de Nelson Mandela, le 11 février 1990. Bien qu’ils ne furent jamais ouvertement perçus comme des activistes politiques, les Ladysmith Black Mambazo gagnèrent le cœur de leurs contemporains en distillant poétiquement des messages d’espoir et de résilience tout au long de leur aventure musicale.

Le 11 mai 2013, deux membres éminents de ce groupe unique, Albert Mazibuko et Sibongiseni Shabalala, se faisaient une joie de narrer leur destinée cinquantenaire, leur rencontre avec le père de la nation arc-en-ciel, le succès de l’album "Graceland" de Paul Simon en 1986 qui les révéla à l’échelle internationale, et le plaisir d’enregistrer Songs from a Zulu Farm, un disque entièrement composé de chansons traditionnelles entendues autrefois dans les campagnes sud-africaines. Le patriarche de la famille, Joseph Shabalala, nous a depuis quittés. Il s’en est allé paisiblement le 11 février 2020 à 79 ans, 30 ans jour pour jour après la libération de son ami Madiba. Pouvoir réécouter aujourd’hui des extraits de sa prestation en compagnie de ses fidèles compagnons de route est un privilège et notre hommage à un pilier de "L’épopée des Musiques Noires". "Jazz sous les Pommiers" dans sa formule habituelle reviendra en 2021, nous assurent les organisateurs qui réfléchissent déjà à des alternatives comme des "week-ends sous les pommiers" en septembre 2020. À suivre…

© Xavier Rauffet/JAV 2014
The Commodores au Théâtre antique de Vienne, le 30 juin 2014.

"Jazz à Vienne" subit aussi les affres d’une programmation reportée. Ce rendez-vous estival quarantenaire qui, chaque été, fait vibrer son fameux théâtre antique a dû se résoudre à convier les festivaliers dans les bars et restaurants de la ville où ils peuvent regarder sur grand écran les archives des concerts passés. De plus, le 11 juillet 2020, la chaîne YouTube officielle du festival proposera une sélection de prestations captées lors des précédentes éditions. L’équipe de "L’épopée" accompagne toutes ces initiatives en exhumant quelques reportages réalisés sur place et, notamment, les chaleureuses conversations radiophoniques de juin 2014. Deux groupes majeurs de l’ère disco-funk avaient alors fait vrombir les vieilles pierres romaines de cette cité du sud de la France en revitalisant un répertoire, parfois un peu désuet, pas tellement trépidant. The Commodores et Kool & The Gang étaient donc à l’affiche de la 34e édition "Jazz à Vienne". Chacune de ces formations historiques fêtaient alors un anniversaire. Les Commodores soufflaient les 40 bougies de leur tout premier album, "Machine Gun", paru en juin 1974. William King, Walter Orange et James Dean Nicholas étaient heureux de partager ce moment sur notre antenne. De son coté, Robert "Kool" Bell, membre fondateur de Kool & The Gang, réalisait à notre micro qu’un demi-siècle avait passé depuis la création du groupe originel en 1964. Autant de bonnes raisons de ressusciter quelques souvenirs musicaux et de les commenter !

Le coronavirus a, certes, ralenti l’activité culturelle aux quatre coins de la planète mais l’envie, la foi et la passion des artistes l’emporteront toujours. Soyons solidaires et, en attendant des jours meilleurs, écoutons, diffusons, partageons nos enthousiasmes musicaux !

Le site du Festival Jazz sous les pommiers

Le site du Festival Jazz à Vienne

© Pierre Corvaisier/JAV 2014
Kool & The Gang, lors de la 34ème édition du festival "Jazz à Vienne".