Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte
Retrouvez la playlist de l'Épopée des musiques noires sur Deezer

 

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L’écho des Festivals (3ème partie)

Le groupe Chic avec Nile Rodgers, lors de la 14e édition du Marseille Jazz des Cinq Continents. © Valentine Kieffer/FJ5C 2013

Durant tout le mois de juillet 2020, "L’épopée des Musiques Noires" soutient le spectacle vivant pénalisé par la crise sanitaire mondiale et vous propose une série d’émissions réalisées ces dernières années dans les festivals de France et de Navarre.

 

Nous avions pris l’habitude de vous faire vibrer lors des différents festivals d’été, mais la pandémie de Covid-19 nous contraint d’imaginer une alternative à ces retransmissions. Le troisième volet de notre série, concoctée grâce à nos archives radiophoniques, vous emmène dans le sud de la France, à Marseille et à Sète. Deux immenses instrumentistes sont à l’honneur cette semaine : le guitariste Nile Rodgers rencontré en 2013 et le contrebassiste Ron Carter enregistré en 2019. Le premier est un maître dans l’art du funk, le second est une véritable personnalité de l’histoire du jazz. Chacun a façonné "L’épopée des Musiques Noires" et mérite toute notre considération et notre estime.

Lorsque Nile Rodgers et Bernard Edwards (disparu en 1996) enregistrent le titre Freak Out ! Le Freak, c’est Chic ! en 1978, ils n’imaginent sûrement pas que cette bluette disco fera le tour du monde. Et pourtant, plus de 40 ans après sa parution, ce refrain entêtant continue de résonner dans nos esprits. Le groupe Chic est devenu une référence et son leader, Nile Rodgers, ne cesse de composer et de produire des disques. Seule la pandémie est parvenue à interrompre les tournées internationales de cette formation légendaire et à contraindre son chef d’orchestre de se calfeutrer chez lui. Il nous reste, pour le moment, des souvenirs enthousiasmants de prestations palpitantes comme celle du 20 juillet 2013 à Marseille. La cité phocéenne accueillait, ce jour-là, une joyeuse troupe venue enflammer les jardins du Palais Longchamp. Chic était à l’affiche de la 14ème édition du Marseille Jazz des Cinq Continents. Dans l’après-midi, Nile Rodgers prit le temps de nous narrer sa destinée avec force détails.

© Valentine Kieffer/FJ5C
Le guitariste Nile Rodgers en concert à Marseille, le 20 juillet 2013.

Depuis 20 ans, le Marseille Jazz des Cinq Continents propose une programmation véritablement internationale. En 2013, par exemple, Gilberto Gil (Brésil), Chucho Valdès (Cuba), Hugh Masekela (Afrique du Sud), Hiromi (Japon), Paolo Fresu (Italie), Wayne Shorter (États-Unis), entre autres, ravissaient les spectateurs conquis par l’éclectisme de ce rendez-vous estival majeur. Cette année, en raison du coronavirus, le festival méditerranéen a réduit la voilure en planifiant des concerts intimistes au jazz club de la Villa Gaby, des séances de cinéma à l’Alhambra, et achèvera l’été avec des prestations en petit comité, en août 2020, au Mucem avec Naïssam Jalal, Sophia Alour et David Walters. Gageons que l’année prochaine, le Marseille Jazz des Cinq Continents pourra se déployer généreusement.

Autre festival contraint de s’adapter aux circonstances, c’est Jazz à Sète, également dans le sud de la France. Cet été, les organisateurs ont convié les musiciens français à investir les parcs, places et rues de la ville puisque le théâtre de la Mer n’est pas en mesure de recevoir les virtuoses internationaux comme ce fut le cas, par exemple, l’année dernière alors que l’équipe de "L’épopée" réalisait un reportage sur place, à l’occasion de la prestation exceptionnelle du formidable contrebassiste Ron Carter qui, à 83 ans, peut être perçu comme un témoin et acteur essentiel de l’histoire du jazz. Partenaire, notamment, de Miles Davis, il est aujourd’hui le recordman des séances de studio. En 50 ans, il a participé à plus de 2 200 enregistrements mais, on ne le dira jamais assez, assister à une prestation en public de grands instrumentistes vaut mille discours. Ron Carter sur scène à Sète, le 20 juillet 2019, fut un enchantement. Il est évident que l’impossibilité de vivre ces moments de communion musicale à cause de la pandémie est un crève-cœur pour les artistes comme pour les spectateurs. Soutenons tous ceux qui voient leurs efforts ruinés cette année et, en attendant une reprise optimale de l’activité culturelle, ressuscitons les notes inspirées de ces prodigieux artistes captés ces dernières années aux quatre coins de la France.

Site internet de Nile Rodgers
► Site internet de Ron Carter

© Pierre Nocca/JAS 2019
Le contrebassiste Ron Carter en concert au théâtre de la Mer de Sète, le 20 juillet 2019.

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