Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte
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Révérence à Toots Hibbert

Toots Hibbert des Toots and the Maytals, en concert à Chicago, Illinois, le 2 avril 1982. © Getty Images - Paul Natkin

Au mois de décembre, "L’épopée des Musiques Noires" honore les grandes figures disparues en 2020… 

L’année 2020 a été l’une des plus éprouvantes pour chacun d’entre nous sur cette planète. La Covid-19 a bouleversé notre quotidien et endeuillé des familles. Tout le monde a été touché, de près ou de loin, par cette pandémie. Au fil des mois, nous avons dû nous résoudre à accepter le départ de nos proches, de nos amis et, parfois, de nos idoles. Dans "L’épopée des Musiques Noires", nous nous sommes efforcés de saluer la mémoire, chaque fois que nous le pouvions, de ceux qui nous quittaient. De Manu Dibango à Ellis Marsalis, ils furent très nombreux à rejoindre les ancêtres et nos modestes hommages radiophoniques ne pouvaient qu’accompagner humblement leur départ. Précieusement conservées dans nos archives, les voix de toutes ces figures essentielles continueront de résonner sur les ondes. 

© Corbis via Getty Images / Tim Mosenfelder
Toots Hibbert en concert au Golden Gate Park (Etats-Unis), en 2008.

 

Disparu le 11 septembre 2020 à l’âge de 77 ans, Frederick Nathanaiel Hibbert fut un pionnier dans l’histoire musicale jamaïcaine. Créateur, dit la légende, du mot "Reggae", bien avant que Bob Marley ne le popularise à l’échelle internationale, il fut incontestablement l’un des piliers d’une culture caribéenne devenue universelle. Fortement influencé par la Soul-Music américaine, son répertoire flirtait souvent avec les tonalités de ses illustres contemporains dont Ray Charles qu’il appréciait tout particulièrement. Quelques jours avant de nous quitter, Toots Hibbert avait fait paraître Got to be tough, un ultime album audacieux pétri de sonorités à la frontière du ska, du reggae, de la Soul et du rock. Un cocktail sonore que l’auteur assumait sans sourciller. 

Avec son groupe Toots & The Maytals, Toots Hibbert avait inscrit une bonne soixantaine d’albums dans le patrimoine jamaïcain depuis le milieu des années 1960. Le 18 juillet 2008, il était venu évoquer dans nos studios à Paris, Light your light, et même s’il était rompu à cet exercice méticuleux de l’enregistrement discographique, il ne minimisait pas l’enjeu que cela représentait pour sa carrière. Sur chacun de ses disques, Toots Hibbert se racontait, convoquait indirectement ses héros et donnait une nouvelle lecture à d’anciennes compositions. En 2004, sur l’album True Love, il avait revitalisé le titre Funky Kingston enregistré à l’origine en 1972. Il  fit de même en 2020 sur son dernier album en adaptant le classique Three little birds en compagnie de Ziggy Marley, le fils aîné de son ami et regretté Robert Nesta Marley. 

© Redferns - Anthony Pidgeon/Getty images
Toots Hibbert et Toots and the Maytals sur scène à Portland (Oregon), en mai 2010.

 

Pendant plus d’un demi-siècle, Toots Hibbert aura porté haut l’étendard du reggae, n’hésitant à le confronter à d’autres formes d’expression. Il multipliera les rencontres avec des artistes venus d’horizons très divers, de Ben Harper à Willie Nelson, de Shaggy à Éric Clapton, mais jamais ne se compromettra. Ce fut sa "petite gloire personnelle", aimait-il répéter. 

→ Le site de Toots and The Maytals.

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