Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte
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Il y eut aussi des surprises en 2020!

Stéphane Castry à RFI en janvier 2020. © Christian Rose

Bien que l’ambiance fut morose en 2020, les artistes ont œuvré pour nous surprendre et leur indestructible créativité nous a conquis. Mino Cinelu, Meddy Gerville, Stéphane Castry, Baï Kamara Jr, entre autres, ont su illuminer notre quotidien radiophonique ces douze derniers mois par leur audace et leur ingéniosité. Leurs jolies et inventives mélodies nous donnent foi en l’avenir et nous encouragent à redoubler d’efforts en 2021 pour soutenir l’actualité culturelle sous toutes ses formes. Nous y veillerons !

L’humeur caribéenne qui s’échappe des premières notes de l’album Basstry Therapy de Stéphane Castry nous avait enchantés au début de l’année. Nous avions cependant découvert un peu tardivement la maestria de ce bassiste antillais. Il aura fallu une discussion avec un collègue à la cantine de RFI pour que nos oreilles s’ouvrent enfin. Nous avons donc convié notre fameux virtuose guadeloupéen à venir conter sa destinée sur notre antenne car ses aventures musicales aux côtés de Keziah Jones, Ayo, Franck McComb, Cheick Tidiane Seck, et quelques autres, méritaient bien une invitation en studio, surtout lorsqu’il évoqua ses concerts à Addis-Abeba en Éthiopie en compagnie d’Angélique Kidjo lors des célébrations du 60e anniversaire du regretté Bob Marley.

© Fabien Ramassamy
Meddy Gerville en duplex depuis les studios de la 1ère Reunion en septembre 2020.

Au-delà de notre effroi face à la pandémie de Covid-19, l’année 2020 fut aussi pleine de réjouissances musicales. Le pianiste Meddy Gerville nous a offert cette année un merveilleux album intitulé Mon Maloya dont il nous donnait sa définition le 13 septembre dernier en duplex depuis les studios de la 1ère Réunion. Il ne s’attendait pas à ce que nous lui réservions une petite surprise en la personne du bassiste Michel Alibo qui tenait à lui exprimer à notre micro toute son amitié. L’échange entre ces deux complices fut enrichissant, passionnant, bienveillant et distrayant. Les 9 360 km qui séparaient nos hôtes ne furent pas un obstacle à leur dialogue chaleureux et, pour le coup, la distanciation physique fut parfaitement maîtrisée !

© Christian Rose
Il ne fallait pas moins de deux micros pour recueillir en octobre 2020 le témoignage de Mino Cinelu.

De son côté, le génial percussionniste, batteur, chanteur et guitariste, Mino Cinelu, a tenu à traverser l’Atlantique cet automne pour nous rejoindre et a profité de ce séjour en Europe pour nous narrer son épopée à l’occasion de la parution de l’album Sula Madiana, réalisé en duo avec le trompettiste norvégien Niels Peter Molvær. L’occasion était trop belle pour ne pas évoquer avec lui ses nombreuses collaborations avec les étoiles de notre temps. De Miles Davis à Femi Kuti, de Kenny Barron à Stevie Wonder, il les a tous connus et ses souvenirs de scène et de studio nourrissent notre connaissance des musiques afro-planétaires. Il paraissait naturel qu’il rende également un hommage appuyé sur son disque à certains de ses amis disparus cette année, notamment, Manu Dibango, Tony Allen et Jimmy Cobb.

© Joe Farmer/RFI
Baï Kamara Jr à RFI en mars 2020.

L’esprit créole de nos invités en 2020 fut magnifié par un musicien originaire de Sierra Leone. Baï Kamara Jr développe un blues acoustique hérité de sa culture krio. Résidant en Belgique, il a mâtiné ses œuvres d’un savoir métisse qui emprunte à la musicalité de trois continents, l’Afrique, l’Europe et l’Amérique du Nord. Même s’il s’exprime en trois langues, le français, l’anglais et le krio, il préfère interpréter ses compositions dans le vocable du blues ancestral. L’écho de John Lee Hooker ou d’Éric Bibb résonne d’ailleurs dans son répertoire mais n’altère jamais la saveur sonore de son identité propre. Salone fut l’un des albums multicolores épatants de ces douze derniers mois.

Gageons que 2021 nous réservera autant de bonnes surprises et nous permettra d’affronter vaillamment et joyeusement les défis du quotidien.

Très belle année à tous et à toutes !