1. Willie Mitchell

Willie Mitchell

Le magazine NuGroove de Loïc Bussières consacré aux musiques black urbaines et cette semaine, un hommage à Willie Mitchell. 

Willie Mitchell, producteur d’Al Green a disparu le 5 janvier 2010.
Né le 23 mars 1928 à Ashland dans l’état du Mississippi, il restera comme le grand architecte sonore des merveilles du label Hi Records dont la musique d’Al Green fut l’un des sommets de toute l’histoire de la soul music. Mais avant de devenir un maître de la production, Willie Mitchell fut un très honnête trompettiste de jazz qui sévira notamment sur les premiers albums du bluesman B.B. King. C’est dans cette Mecque musicale du Tennessee qu'est Memphis, qu’il rencontre le grand batteur Al Jackson, futur enclumeur chez Booker T. & The MG’s, et pièce maîtresse du «son Willie Mitchell». Sa collaboration avec Hi Records débute en 1961. Après quelques gentils tubes instrumentaux à connotation jazz, il se concentre sur la scène locale soul en pleine effervescence avec Bobby ’Blue’ Bland, O.V. Wright, Sly Johnson, Otis Clay, Ann Peebles et, bien entendu, Al Green, qu’il rencontre pour la première fois en 1968. La légende veut qu’Al Bell, le grand directeur artistique du label Stax, ait appelé Green, trop tard, le lendemain même de la signature de son contrat chez Hi Records. De 1970 à 1977, le label Hi offre clairement les plus belles productions de soul music avec entre autres les disques de la chanteuse Ann Peebles qui furent  des enregistrements raffinés et torrides. Récemment encore, Willie Mitchell était loin d’avoir levé le pied, travaillant pour des gens aussi divers que le jeune loup de la nu soul Anthony Hamilton, écrivant les arrangements de cordes et de cuivres du dernier album de Rod Stewart ou bien encore produisant un prochain album d’une autre légende de la soul, Solomon Burke. En 2004, la ville de Memphis donna même son nom à un boulevard.