Autour de la compilation Digital Kabar, fusion maloya-électro sur le label InFiné

Digital Kabar. © InFiné

Avec Alexandre Cazac du label Infiné ; Sophian Fanen, journaliste ; Thomas Bordese, festival Électropicales, Réunion ; Labelle, compositeur et Jako Maron, producteur remixeur réunionnais.

© DR Jako Maron.

En 2014, le journaliste Sophian Fanen écrivait ses mots dans le journal Libération sous le titre La Réunion, électro Fusion : Depuis les années 1990, le département français de l’océan Indien voit émerger une scène intégrant le maloya et le séga traditionnels. Un métissage musical qui reflète le mélange des populations de l’île, venues d’Europe, d’Afrique et d’Asie.

Avec la compilation Digital Kabar, nos invités vous racontent la longue histoire des musiques électroniques dans le #974.

Alexandre Cazac
Né à Rome, Alexandre Cazac désespère ses parents artistes peintres en suivant des études d’économie, puis de communication (CELSA). Aucune ne résiste à sa déformante passion pour "les" musiques. Suite à une courte expérience chez Delabel (Virgin), il intègre le département spécial marketing de Warner. 4 ans plus tard, après y avoir lancé une division "dance", il arrive chez PIAS pour superviser le département "musique électronique" et représenter en France les labels : Ninja Tune, Warp, F. Com, Bpitch Control, K7, Kompakt, Mr Bongo, Tresor, Basic Channel... 6 années de rencontres, d’expériences nationales, internationales et artistiques avec les signatures de : Ark, Agoria, Villeneuve et Vitalic. En 2006, Alexandre s’associe à Yannick Matray pour créer le label InFiné. Basé à Paris, sortant des sentiers battus, se veut un espace de diversité, hors du cloisonnement des genres et des continents. Innovant en permanence, engagé et refuge de formidables producteurs et musiciens du monde entier, InFiné est un label qui a désormais une place prépondérante dans le paysage musical indépendant.

© Romain Philippon
Labelle.

 

Sophian Fanen, journaliste à Libération, puis au site Les jours, auteur du livre Boulevard du Stream au Castor Astral. A écrit le livret de Digital Kabar.

Thomas Bordese, après des études dans la finance et une forte aptitude pour le rugby, Thomas Bordese quitte Toulouse et s’installe à La Réunion. Avec ses amis de l’ovalie, il crée le festival Les Électropicales en 2009 à l’île de La Réunion. Et pose ses enceintes au Barachois.

© Lenny Kreviss
Thomas Bordese.

 

Jérémy Labelle
C’est à l’adolescence, que Jérémy découvre le maloya. Cette musique qui fait partie de l’histoire de La Réunion, et dont les origines remontent à la colonisation et l’esclavage, a pourtant longtemps été interdite sur l’île, la droite locale, pro-assimilation, souhaitant oublier cette musique de lutte et de revendication. C’est à la fin des années 1970, avec la valorisation du créole, que brandi comme un symbole par le Parti Communiste, le maloya va renaître de ses cendres. Mais, si Labelle se passionne pour le genre, c’est au départ moins pour son côté revendicatif et politique, que pour son rythme ternaire, répétitif et son obsession pour la trance. "J’étais un jeune DJ, j’étais fan de techno de Detroit, je m’entraînais avec mes platines dans ma chambre et ce qui m’a accroché en premier dans le maloya, c’est le côté transe de cette musique. Même si ensuite, j’ai établi des parallèles entre le discours politisé d’un collectif comme Underground Resistance et les revendications de cette musique longtemps interdite."

Jako Maron
Jako Maron est un alien sonore. Un franc-tireur pour qui tradition rime avec expérimentation. À La Réunion, il est l’auteur d’une combinaison rare, comme une extension électro du folklore réunionnais. Influencé autant par le hip-hop old school et le dub que par les bleeps électroniques, il propulse les musiques traditionnelles de ce coin du monde (maloya et séga) dans un futur libre de toute contrainte. Creusant un sillon jamais rectiligne, ses beats louvoient entre binaire et ternaire. Jako Maron ne cherche pas la fusion globale. Il sait que ses propres racines lui permettent de toucher à l’universel et que ses moyens pour y parvenir seront électroniques.
Son nouveau projet s’intitule Kabar Jako.

Digital Kabar sur InFiné (en anglais)

Site des Électropicales

Vidéo Digital Kabar audio Patrick Manent (remix Jako Maron)

Site de Jérémy Labelle

Site de Jako Maron

→ Pour aller plus loin, papier de Sophian Fanen dans Next Libé 2014

© Gwael Despont
Électropicales.