Pop portugaise et chant occitan avec Live José & Interview Marie Coumes de La Mal Coiffée

José. © Upton Park

Bio José

Du sous-sol où résonnent les premières compositions aux concerts fiévreux des festivals les plus réputés de l’hexagone, le parcours de José R. Fontao (cliquez ici), inévitablement lié à celui de "Stuck in the Sound", pourrait être la trame habituelle de ces récits de succès, intrinsèques à l’Histoire du rock. Une voix et une silhouette, indissociables, qui ont fait l’exploit de s’imposer sur la scène indie-rock française. Point.

Il serait pourtant erroné – pour ne pas dire imprudent ! – de vouloir raconter l’histoire de José uniquement à travers le prisme de son groupe. Le limiter à ce rôle n’aboutirait qu’à un récit de surface, incomplet et surtout inexact. Déjà parce que l’artiste ne s’est jamais restreint à ce seul projet. En témoignent ses créations parallèles, celles pour le duo "You" créé avec son pote Romuald ou encore celui de "SARH" avec DJ Pone, ainsi que les multiples featurings qui parsèment sa carrière (à commencer par ceux réalisés pour "I Am un Chien !!" le groupe de son frère David).

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Ou plutôt, elle ne commence pas là. José a d’autres histoires à raconter, des histoires intérieures, plus intimes, plus lointaines, qui dépassent les frontières des groupes et imposent de prendre du recul. Des histoires qui, en somme, ne peuvent être le fruit d’un travail collectif mais bien celui d’une introspection.

C’est ainsi qu’aujourd’hui, José prend la décision forte de se lancer en solo, pour la toute première fois (sans pour autant tourner le dos à "Stuck in the Sound" qui lui réserve encore de belles aventures). Dans une liberté de composition totale, s’affranchissant des codes bien rodés des groupes qu’il a montés, José s’offre la permission d’aborder de nouveaux sujets. Le chanteur à la capuche se dévoile pour la première fois. Nous découvrons un visage, une personne.

© Laurence Aloir/RFI
José, lors de l'enregistrement live chez Musiques du monde.

Mais qui est José ?

José, c’est un prénom d’abord, celui que l’on endosse, bon gré mal gré. Et c’est par ce prénom, celui qui définit en premier lieu, que se présente naturellement l’artiste. Une décision qui concrétise cette volonté de se dévoiler de la façon la plus intime possible, mais aussi de rendre hommage à ses racines. Car oui, dans ce projet, José se livre avec une rare générosité, survolant ces moments fugaces qui nappent les souvenirs. On découvre alors la profonde sensibilité d’un homme qui a su capter l’essence de ces instants, ceux que l’on pensait oubliés, perdus dans un coin de la tête, mais qui perdurent secrètement. Invités privilégiés de ce voyage si personnel, nous découvrons un univers chaleureux, chargé de mémoire, de visages et de silhouettes, désormais immortalisés. Mêlant avec habileté des styles éclectiques, d’une pop portugaise rayonnante à des tracks électro hyper-modernes, au service d’une narration presque biographique, ce premier album révèle toutes les nuances d’un artiste qui n’a jamais souhaité être cantonné à un genre musical, à une origine ou une trajectoire. Un Artiste qui se réapproprie aujourd’hui son identité, une identité complexe portant les traces de tout le chemin personnel parcouru, une identité qui se définit au final par un mot. Un prénom. José.

Titres interprétés

Paraiso Live RFI José = voir le clip 

Fugir extrait Cd José Primeiro Disco

Primavera Live RFI José

Berço de Terra extrait Cd José Primeiro Disco

Son Benoît Letirant

© Sirventès
"Rogé", La Mal Coiffée.

Puis nous recevons Marie Coumes du groupe La Mal Coiffée, qui présente le nouvel album Rogé

Note d’intention de Rogé, 6ème album de La Mal Coiffée 

Rogé, ce 6e disque du quatuor polyphonique languedocien marque une volonté d’ancrage dans les écritures poétiques des mouvements d’émancipation culturelle qui résonnent entre l’Occitanie et les colonies de l’empire français. Aux côtés des textes et de la musique de Laurent Cavalié, les musiciennes subliment les textes de Claude Alranq, David Grosclaude, Auguste Foures, Jean Boudou, auteurs engagés dans une pensée de la résistance à l’écrasement des cultures populaires. Leur musique de voix et de percussions continue de tracer son chemin entre les couleurs du chant populaire languedocien, et l’invention d’une polyphonie imaginaire, brute. 

Depuis les débuts du groupe, nous nous envisageons comme un morceau de monde, un fragment de culture, un vecteur de langue. Alors que les cultures humaines se nivellent par le pouvoir médiatique et que les sociétés se détissent en solitudes numériques, nous efforçons de fabriquer des bouts d’identité. Nous raconter ? C’est être indociles. Ainsi, on espère rencontrer tous ceux qui ont soif d’histoires particulières, qu’ils soient d’ici ou de là. Inspirées par tous ces paysans qui ont compris qu’il fallait se tenir loin de l’industrie et de la grande distribution s’ils voulaient nourrir correctement le monde, nous tentons de nous tenir loin des modèles culturels dominants. Notre langue ? C’est celle des bêtes et des humbles. Elle est à la fois langue de reconquête poétique d’une pensée autochtone, jouissance et instrument de musique.

Karine Berny : Chant, bombo leguero, pétadou

Myriam Boisserie : Chant, pétadou, monocorde

Marie Coumes : Chant

Laëtitia Dutech : Chant, adufe, bendir, tambourins, tambour, monocorde.

 

Titres joués de La Mal Coiffée, extraits de l’album Rogé

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