Trois petites choses sur Dominique Fils-Aimé & #SessionLive de Prohom

Couverture des albums «Three Little Words» de Dominique Fils-Aimé et «Brille» de Philippe Prohom. Prohom (Anne Rivière) © Ensoul Rd/Anne Rivière

L’album Three Little Words vient conclure la trilogie de Dominique Fils-Aimé qui explore les racines de la culture musicale afro-américaine. Ce dernier opus représente l’adaptation que Dominique Fils-Aimé fait de la musique soul dans sa forme la plus pure : une musique qui surgit des entrailles de son âme et qui vient enrichir l’âme de ses auditeurs. C’est à la fois une reconnaissance et une appréciation des genres musicaux qui habitent la chanteuse (montréalaise de parents haïtiens venus au Québec dans les années 1960). 

Possiblement l’œuvre la plus ambitieuse et éclectique de l’auteure-compositrice à date, la voix enveloppante et feutrée de Dominique Fils-Aimé y nourrit des harmonies chaleureuses de style doo-wop des années 1950 dans While We Wait ou s’y mêle aux crescendos de cuivres dans la piste plus traditionnellement Soul de Mind Made Up. Au travers de l’album, le chant envoûtant de Dominique Fils-Aimé est appuyé par un groove saisissant qui se juxtapose à des percussions africaines, ainsi qu’aux sections de cordes et de cuivres, de synthétiseurs, qui prédominent dans la pièce Love Take Over avec ses polyrythmies de tambours et lignes de basses superposées.

Le travail inlassable du réalisateur, arrangeur et ingénieur sonore Jacques Roy a été intégral à la conception de la trilogie dans son ensemble. Selon les mots de Dominique, Jacques Roy a été celui qui a su connecter sa voix avec la multitude de sonorités sur l’album en s’assurant de couvrir l’ensemble du spectre de fréquences. "Jacques est la colle qui lie chaque pièce de la trilogie grâce à son ouverture d’esprit et sa volonté de comprendre exactement ce que je souhaite exprimer à travers ma musique", précise-t-elle.

© Andréanne Gauthier
Domiqniue Fils-Aimé.

 

Dominique Fils-Aimé est une auteure-compositrice-interprète montréalaise, qui s’inspire des icônes de la soul des années 1940 et 60 telles que Billie HolidayEtta James et Nina Simone. Alors que ses racines musicales sont ancrées dans la soul et le jazz, sa voix transcende les paysages sonores urbains contemporains.

Titres joués, extraits de l’album Three Little Words

Three little Words - While We wait - Mind made up - Love Take Over

L’artiste montréalaise se produire le 20 octobre au New Morning (Paris)

© DFA
Dominique Fils-Aimé au New Morning.

 

Puis dans la #SessionLive, nous recevons Philippe Prohom pour la sortie de son nouvel album Brille (Single Bel)

"Je suis heureux !" Mais ça ne va pas de soi...

Philippe Prohom, ce sont quatre albums, un live, un EP, des clips, de la scène, beaucoup de scènes, de la transmission, de la formation d’artistes, quelques singles qui tournent en radio et puis un chemin de Compostelle en vidéo. Depuis le succès de Ça oublie d’aimer en 2002, un titre blue line, au croisement du trip hop et de la chanson, Philippe marche, contemple et cherche à s’approcher au plus près de ses émotions. Oublier le cérébral pour toucher le cœur. « Je suis en fait comme... les autres hommes », avouait-il avec humilité et courage en 2007, sur l’album Aller Retour, dans la chanson La fille du train, et comme la vie a de l’humour, c’est à pied qu’il deviendra un autre homme.

© Anne Rivière
Philippe Prohom.

 

À partir de 2015, il prend le chemin de Compostelle, expérimente la pleine présence en centre bouddhiste, et fait enfin son coming-out de magnétiseur. "J’essaie de marcher ma parole", explique-il. Le regard toujours tourné vers les autres, au fil des années, il apprend à soigner les animaux, les humains, il voyage au Brésil, en Inde, et raconte, espiègle, ses aventures sur YouTube en vidéo ; des heures de sourire et d’évasion douce. Ces deux dernières années, Philippe écrit et compose l’équivalent de deux albums, il s’isole, fait le tri dans le flot de tous ses mots. Il quitte la ville pour cultiver son jardin, au calme, dans la Drôme, puis dans un chalet en pleine nature. Il pétrit doucement le vivant.

C’est ainsi que commence l’histoire de ce nouveau disque, tel le peintre qui dessine le monde d’une simple ligne, Philippe Prohom pose des textes précis et essentiels. Brille pour toi, pierre angulaire de ce disque, berce d’un amour ému, sa fille qui grandit. "À défaut de paradis je te laisse l’utopie, celle qui n’est pas, pas encore… Tu peux briller pour elle et commencer par ça. Tu le peux, et tu le pourras. Et tu sais pourquoi ? Parce que tu brilles déjà." Une chanson à tirer les larmes des pires crocodiles. C’est beau, le premier titre de l’album est tout cabossé, un objet sonore, en boucle de mots et en fracas. C’est beau, mais pour encore combien de temps ? Il en faut un esprit farceur pour questionner la solidité de l’harmonie de la nature en déconstruisant la mélodie ! C’est Beau est la préface d'un disque lumineux. Une ode à la nature, à la liberté, consciente de sa fragilité tout autant que de ses forces.

© RFI/Laurence Aloir
Philippe Prohom à RFI.

 

Brille, c’est 2021 qui prend le temps de regarder dans le rétroviseur avant de s’engager dans le monde de demain. Philippe sort son premier disque à 32 ans, la cinquantaine aujourd’hui, ses sons reviennent de loin : des boucles de vinyles empruntés à son père, des synthés et des beats transformés, alchimiste, sur un seul ordinateur, des sons bidouillés et re-bidouillés encore, sur des chansons d’hier qui mènent à aujourd’hui. En écho à C'est beauRegarde, neuvième et dernier titre du disque, épilogue malin, Philippe nous prend par la main et nous invite à nous aimer un peu plus, à simplement jouir des plaisirs simples.

"Je n’ai plus peur de la mort. Quand je sens le soleil réchauffer mes doigts, Regarde, c’est beau. Écoute, regarde." Ce sont ses derniers mots. Enfin, notre Siddhârta, n’oublie pas en bêchant la terre de son jardin spirituel, tous les plaisirs du corps. Celui de l’endorphine dans Cardiovasculaire et puis, qu’on y arrive ou pas, la magie de l’expression de soi, dans Facile, le paradoxe d'un morceau à danser où l’on ne danse pas et Tu peux même danser, qui enfonce le clou de la joie que l’on se doit. Philippe Prohom, ne cherche pas la foule et la reconnaissance, il nous couvre de tendresse et nous rapproche du vrai, il viendra si vous lui demandez, chanter chez vous, parce qu’il veut nous connaître, un par un, pour nous faire danser, penser, juste profiter d’un moment. Ensemble. Voir le clip Tu Peux Même Danser.

Titres interprétés dans la #SessionLive (album Brille de Prohom)

Cardiovasculaire Live RFI

C’est beau, extrait du Cd Brille

Brille pour toi Live RFI

Facile Live RFI en duo avec Mélodie Orru

Au chant : Philippe Prohom - Mélodie Orru