Saxophone à tous les étages avec les mots du Tigre d’Eau Douce et la #Session Live de Oan Kim

© Heavenly Sweetness / Oan Kim

Notre 1er invité s’appelle Laurent Bardainne, son groupe Le Tigre d’Eau Douce.

 

Après Love Is Everywhere, Laurent Bardainne emporte son Tigre d’Eau Douce dans une exploration dédiée à l’astre du jour. Arnaud Roulin (complice de Bardainne dans Thomas de Pourquery Supersonic et feu Poni Hoax) à l’orgue Hammond, Sylvain Daniel (Camélia Jordana et l’ONJ) à la basse, Philippe Gleizes à la batterie, Roger Raspail aux percussions : c’est avec le même quartet de fidèles qu’il a écrit ces nouvelles aventures félines. Le saxophone mat de Bardainne laissant les grands noms du jazz spirituel faire écho dans ses clés, le compas musical ouvert depuis le hip hop jusqu’aux rythmes africains, de Pharoah Sanders jusqu’à Kruhangbin et Sault, Hymne Au Soleil (hommage à la composition du même nom de Lili Boulanger) guide le Tigre dans un voyage onirique et cinématographique. Vers une soul rétro futuriste où synthétiseurs et chœurs féminins s’invitent, eux aussi, à briller dans les rayons solaires.

Aux commandes de son biplan, la carlingue personnalisée d’une peinture reproduisant le coup d’une patte à quatre griffes, Laurent Bardainne l’avait enfin retrouvé. Lui dont il avait perdu la trace à la faveur d’une escapade chimérique à travers plaines et forêts.

Robe orange rayée de noir. Vif, rapide, bondissant. Dans l’immaculé doré du désert noyé de soleil, sa silhouette gracieuse se dessinait distinctement. Le Tigre d’Eau Douce.

Par une mélodie de saxophone ténor captivante, de celles auxquelles il le savait réceptif, Bardainne lui signala sa présence depuis les airs. Même précédé par sa réputation, le super prédateur reste toujours à l’affût. La venue de son maître, il l’avait anticipée depuis quelques mesures déjà, depuis qu’il avait perçu, portés par les vents, les rythmes africains qui secouaient la mécanique de l’engin volant.

Sûr de son fait et de la route à emprunter dans cette infinité ocre, l'œil brillant de malice d’avoir repéré l’ombre qui allait accompagner son effort, le Tigre entama sa course. Et toute la physionomie de ce qui jusque-là ressemblait à un désert changea alors.

 

© Agnès Dherbeys
Laurent Bardainne.

 

Déblayée par les grooves organiques et le souffle de l’orgue Hammond, la voie s’ouvrait au Tigre à mesure qu’il progressait. Ses pattes s’enfonçaient dans les profondeurs du jazz pour en ressortir couvertes de soul, l’écume filait depuis ses babines, laissant dans sa traîne sablée des cristallisations hip hop.

Dans cette émulation à l’esthétique seventies sophistiquée, où ses crocs saillants ne reflétaient plus que la lumière du saxophone, les touches de synthétiseurs finissaient même par leur faire entrevoir le futur.

Arrivés à destination, le moteur du biplan secoué de hoquets et suppliant qu’on le refroidisse, Bardainne et son félin haletant se posèrent. Ensemble, ils contemplèrent l’oasis prospère et onirique, habitée par cette musique qui avait accompagné leur périple.

Redoutables pour qui s’égare, les rayons de l’astre solaire étaient devenus ces alliés miraculeux capables de faire naître et renaître la vie.

Et ce n’était peut-être pas le Tigre d'Eau Douce qui l’avait attiré là, mais Laurent Bardainne qui l’avait poussé jusqu’ici...

 

© Agnès Dherbeys
Laurent Bardainne.

 

Titres joués

- Oh Yeah

- La Vie la Vie la Vie voir le clip 

- Hymne au Soleil voir le clip Jazz à Vienne 2021 

- Jou An Nou Rivé (Feat. Célia Wa)

- Oiseau (Feat Bertrand Belin) écouter clip audio.

 

Puis nous recevons Oan Kim dans la #SessionLive.

 

© Laurence Aloir/RFI
Oan Kim & The Dirty Jazz à RFI.

 

OAN KIM est un saxophoniste, chanteur, compositeur, ainsi que réalisateur et photographe franco-coréen. Il sort l’album Oan Kim & the Dirty Jazz (auto-prod)

À 5 ans, sa mère le met au violon (c’était ça ou le violoncelle), qu’il pratique pendant 15 ans.

À l’adolescence, il se passionne pour le jazz et se met au saxophone alto, puis ténor. Persuadé qu’il doit aussi être un pianiste correct pour devenir compositeur, il étudie le piano jazz à la Bill Evans Piano Academy.

Il se passionne pour la musique contemporaine, suit les conférences de Pierre Boulez au Collège de France, étudie les partitions de Berio, Nono, Ferneyhough, Xenakis, Cage, fréquente l’IRCAM comme d’autres les discothèques.

Il poursuit en même temps des études d’écriture musicale au CSNM de Paris, étudiant l’harmonie et l’orchestration avec Jean-François Zygel, le contrepoint, la fugue, l’analyse musicale avec Michael Levinas et la musique indienne avec Patrick Moutal.

Depuis, il compose des musiques pour l’audiovisuel (documentaire et télé) et pour l’Art contemporain, collaborant notamment régulièrement avec l’artiste Jungwan Bae et les photographes de l’agence MYOP.

Enthousiasmé par la scène indé, il décide d’y participer et crée le groupe de rock Film Noir (un album sorti chez le Son du Maquis), puis le duo electro-rock Chinese Army (trois EP sortis notamment sur le label Balades Sonores) qu’il forme avec le guitariste Benoît Perraudeau. Avec ces deux formations, il fait plus de 80 concerts en France et à l’étranger.

 

© Brigitte Bouillot
Oan Kim.

 

Depuis 2019, il renoue avec le saxophone jazz et entame un nouveau projet que la pandémie le pousse à développer en solo, entre jazz et musiques modernes, quelque part entre Pharoah Sanders et Radiohead..

Par ailleurs à ses activités musicales, il est aussi un photographe et réalisateur de documentaire ayant reçu plusieurs prix (Prix Swiss Life à 4 mains, Silver Horn du Krakow Film Festival, Prix des Nuits Photographiques, Tomorrow's Artist Prize Sungkok Museum), membre co-fondateur de l'agence M.Y.O.P de photographes indépendants.

 

Titres interprétés

- Mambo, Live RFI voir le clip 

- Agony, extrait de l’album Oan Kim & the Dirty Jazz voir le clip 

- Wong Kar Why, Live RFI voir le clip.

 

© Laurence Aloir/RFI
Oan Kim et Benoît Perraudeau à RFI.

 

Musiciens

- Oan Kim, saxophone et voix

- Benoît Perraudeau, guitare

- Paul Herry-Pasmanian, basse

- Brice Tillet, batterie.

 

Son : Benoît Letirant, Fabien Mugneret, Mathias Taylor.

 

Bonus, clip de Teenage Riot, une reprise de Sonic Youth.