Best de Montréal avec Ariane Moffatt et Pierre Kwenders, entretiens

Pierre Kwenders et Ariane Moffatt. © Daniele Fummo / Royal Gilbert

Notre 1ère invitée est Ariane Moffatt pour la sortie de son 7ème album Incarnat (Simone Records).

INCARNAT… Dans la chair

20 ans se sont écoulés depuis Aquanaute, la toute première offrande. Autant d'années gratifiées de rencontres fulgurantes et de projets fous. Pour marquer le coup, Ariane Moffatt désirait faire les choses autrement ; s’approcher du public de manière dépouillée, sans artifice. Elle a d'abord cru que ce serait en revisitant son répertoire le temps d’une tournée solo piano, simplicité qu'elle ne s'était jamais permise auparavant. Elle entame la démarche avec acharnement à travers la centaine de chansons composant son catalogue. L'idée est emballante, elle devient la promesse de franchir une étape avec panache, pour aboutir dans un horizon encore inconnu. Mais puisque les chemins de la création sont souvent imprévisibles, l'attendait dans le détour une inévitable introspection. Un regard de biais forcé par le temps qui passe, l’opportunité d’écouter ce mouvement puissant qui s’agitait en elle. Redire semblait étrange. Il lui fallait nommer.

Elle déroute du tracé initial et se lance dans une première composition. Le ton est viscéral, intimiste. Nous sommes à l'heure des vertiges face aux gestes irrépressibles. S'ensuit une virée au cœur du volcan.

Incarnat, c'est le nom donné à une teinte rouge-rose clair et vif, proche de la chair et des couchers de soleils d’automne. Une famille de couleurs ayant la force de soutenir l'imprévu, la nécessité.

Incarnat c'est le ton de ce nouvel opus traversé par la franchise. Une poésie sans masque mue entre autres par le désir, les questionnements autour de la filialité, l'envie d'un ailleurs extraordinaire et l'emprise des jours ordinaires.

Le dépouillement souhaité au départ aura teinté l'ensemble des textes d'Incarnat d'une intimité certaine, fragile, parfois brutale. Ici, nommer devient une forme de résistance face aux vents contraires, le regard tourné vers la beauté du monde ; une oscillation entre le sublime et l'impuissance.

 

© Simone Rd / Royal Gilbert
Ariane Moffatt.

 

Incarnat a été écrit composé et enregistré à Montréal, d’un automne à un autre, traversant 2019 jusqu’à 2020 sur fond de pandémie mondiale.

Et pour un magnifique duo, de Paris jusqu’au Mile End, a voyagé la voix si évocatrice de Lou Doillon sur Jamais trop tard (adaptation libre de Everybody’s gotta learn sometime, popularisée par Beck dans la B.O du film Eternal sunshine of the spotless mind). L’autrice Fanny Britt a posé ses mots translucides sur la musique d’Ariane, signant ainsi le texte de Phèdre en Forêt.

Mars 2021, Ariane Moffatt vous dévoile délicatement Incarnat, son septième album de chanson originales.

 

Titres joués extrait de l’album Incarnat

- Beauté voir le clip

- Jamais trop tard

- Incarnat voir le clip

- Nature voir le clip

+ bonus voir le clip Espoir.

 

© Daniel Amokaoh
Pierre Kwenders.

 

Puis nous recevons un autre montréalais Pierre Kwenders qui présente son 3ème album José Louis and the Paradox of Love (Arts & Crafts).

 

Pierre Kwenders, co-fondateur du collectif Moonshine, musicien, auteur-compositeur et DJ d'origine congolaise basé à Montréal, annonce José Louis and the Paradox of Love qui sortira, le 29 avril 2022, sur Arts & Crafts. Le premier single Papa Wemba est un hommage au roi de la rumba congolaise et pionnier de la sapologie, a déjà attiré l'attention de nombreux médias.

 

Né à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, Kwenders emprunte son nom de scène à son grand-père, un homme d'affaires et une figure locale très respectée. Suivant les traces de sa mère, Kwenders a immigré du Congo à Montréal en 2001. Il a baigné dans la musique dès son plus jeune âge. Cela lui a d’abord valu la réputation de danseur énergique lors des réunions de famille, puis c’est au sein d’une chorale qu’il continuera à exprimer son art. Inspiré par la "sagacité", un mode de vie inventé par le chanteur ivoirien Douk Saga, qui signifie travailler dur pour pouvoir jouer dur, il s’impose aujourd’hui à travers trois albums comme un architecte de la musique africaine moderne. Pierre Kwenders crée un mélange unique de sons électroniques aux influences afro inspirés de la Rumba congolaise qu’il propage avec Moonshine, un collectif d'artistes multidisciplinaire afrocentré co-fondé par Pierre Kwenders en 2014 qui célèbre la diversité musicale et artistique et le clubbing. Au moment d’écrire ces lignes, Pierre Kwenders est dans sa ville natale à Kinshasa pour le lancement de Papa Wemba

 

© Kim Yang
Pierre Kwenders.

 

José Louis and the Paradox of Love est son troisième album où il rend hommage à la terre natale et à toutes les personnes qui l'ont influencé tout au long de son parcours. Ce 3ème album marque l'arrivée de l'artiste à un nouveau tournant de sa carrière artistique. Il s'inspire librement de son héritage culturel multiple. Conteur dans l'âme, Kwenders s’inspire des subtilités de l'amour. Ses chansons tissent des récits à partir de souvenirs du passé, d'esquisses de sa ville natale et de réflexions sur l'avenir. Enregistré pendant quatre ans dans différentes villes, par-delà les frontières, et avec de nombreux·ses collaborateur·rices, dont Win Butler, King Britt, Ngabo, Sônge, anaiis, Babel Bukasa, Michael Brun, Uproot Andy et Africa Intshiyetu ChoirJosé Louis and the Paradox of Love est l'aboutissement du développement personnel et de la dextérité musicale que Kwenders a affinée au fil des années.

Par ailleurs Pierre Kwenders travaille sur un documentaire Zaïre Space Program, dont voici l’acte 1.

 

© Laurence Aloir/RFI
Pierre Kwenders et Hervé Kalongo à RFI.

Titres joués extraits de l’album José Louis and the Paradox of Love

- Church

- Coupé

- Papa Wemba voir le clip

- No No No

- Sahara

+ bonus voir le clip Kilimanjaro.

 

Réalisation : Laurie Plisson.