Guts, la musique qui vous veut du bien

L'avatar de Guts. © Heavenly Sweetness

Guts se définit comme un enfant du hip hop, pourtant ses influences vont bien plus loin. Avec son nouvel album Philantropiques, il prouve encore sa versatilité.

Fabrice Henri, connu sous le nom de Guts, est un artiste aux multiples casquettes. Certains le connaissent en tant que DJ avec ses sélections pour flâner durant l’été Beach Diggin’, d’autres l’ont découvert lorsqu’il était à la production au sein d’Alliance Ethnik dans les années 1990, plus récemment on l’a entendu avec ses différents disques en solo. Et depuis peu, il est aussi à la tête d’un sous-label d’Heavenly Sweetness : Pura Vida Sounds. Tout cela donne un CV bien rempli ainsi qu’un printemps chargé pour le musicien. Il assure la sortie de son nouveau long-format Philantropiques, fait quelques DJ sets, tourne avec son groupe et en même temps signe les premières sorties de Pura Vida Sounds comme K.O.G & The Zongo Brigade ou le rap latino d’El Tipo Este y Al Quetz. Il a même trouvé le temps de préparer une compilation qui arrive fin mai : Straight from the Decks où il y présente les “incontournables de [ses] DJ sets” à lui. Une année tellement chargée, qu’il souhaite même baisser la cadence : “Je vais me calmer, je vais élaguer un peu mes activités artistiques parce que là c’est peut-être un peu excessif.”

De nouveaux horizons

Avec une tonalité résolument afro-brésilienne, Philantropiques marque un changement pour l’artiste. Il y explore de nouveaux styles pour lui comme la semba du chanteur angolais Vum Vum sur Mucagiami. Mais ces nouvelles influences n’arrivent pas au hasard : “Depuis quatre ans, j’écoute beaucoup de musiques africaines, brésiliennes et caribéennes.”  Sur ce projet alors qu’il souhaitait travailler plus en solo, Guts décide de s’accompagner une nouvelle fois d’un groupe, les Akaras de Scoville. Sa nouvelle formation apporte un peu de sons tropicaux au groove hip hop du chef d’orchestre. En 2016, le producteur avait déjà changé de cap avec Eternal où il s'accompagnait du Pura Vida Band. Le producteur abandonnait le travail tout en solo pour retravailler complètement ses maquettes avec de vrais instruments.

Avec ce disque, il prolonge son travail de sélection entamé avec Mambo (qui illustre aussi les pochettes de Guts depuis Freedom) sur les cinq compilations Beach Diggin’. Ces compilations commencées en 2013 parfaites pour la plage étaient un avant-goût de ce qu’il présente sur son dernier album. Ils sont allés chercher des morceaux au fin fond des cartons de vinyles pour faire redécouvrir un patrimoine musical perdu. Sur Philantropiques, on voyage avec des invités en nombre qui accueille l’auditeur sur leurs terres musicales : Jowee Omicil, Pat Kalla ou Nazaré Pereira passant d’un côté et de l’autre de l’Atlantique.

D’Alliance Ethnik à Guts

Sa technique sur ce disque est la même que depuis ses débuts : "Je me fabrique une banque de sons  provenant de toutes mes recherches de vinyles. Je crée plein de petites maquettes, de tournure samplés. J’en sélectionne une vingtaine et on les retravaille complètement avec le groupe." L’approche hip-hop renoue avec ses origines, du temps de la collaboration avec Alliance Ethnik dans les années 1990 : “J’étais plus axé sur la composition des titres, j’avais deux DJs avec moi et pas des moindres : Crazy B et Faster Jay.”  Déjà à l’époque, le style est là : un groove samplé festif et joyeux. Puis au tournant de l’an 2000, ce sont les Rieurs, les Sages Poètes de la Rue ou encore les Svinkels, qui vont tous bénéficier de ses services.

En solo, il décide de chercher plus loin et de proposer un hip hop avec des samples différents :“Le hip-hop, ça m’a permis de découvrir toutes les musiques du monde à travers le concept du sample. Le sample, c’est de la recherche musicale pour trouver de vieux morceaux que tu peux recycler.” Attiré par les musiques du monde, il s’en nourrit tout en gardant le groove qu’il avait travaillé jusque là. Ses sonorités vont infuser dans certains de ses titres maintenant devenus classiques comme Come Closer où il joue avec le morceau disco de la chanteuse pakistanaise Salma Agha.

Il démontre encore une fois que sa musique est bien difficilement classable sinon à y avoir une musique de bien-être : "Il y a des musiques qui vont t’adoucir la vie. Ça, j’en  suis totalement convaincu. Il y a des musiques qui peuvent être curatives parce qu’elles ont de bonnes vibrations. J’ai toujours essayé d’aller vers ce genre de musiques quand j’écris."

Guts Philantropiques (Heavenly Sweetness) 2019
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