Afro-Club, le hit des platines avec X-ice, Philippe N'Dour et Naza

Le rappeur congolais X-ice. © Lika Picture

L’actualité des musiques urbaines dans l’Afro-Club rythmé cette semaine par Rema, Naza, X-ice, Were-Vana, Philippe N'Dour & Viviane Chidid, Matias Damásio et enfin Aveiro Djess.

Au Cameroun, Aveiro Djess a écrit l’hymne des débrouillards Le Nyama
Le Camerounais Aveiro Djess, aussi connu sous le nom de Bangando d’Afrique, est l'auteur du hit Rambo (plus de 2,3 millions de vues) sorti en 2019. Signé sur le label War Machine, Aveiro Djess s'est forgé une réputation de débrouillard avec ses textes toujours dédiés aux travailleurs de la rue, artisans et commerçants dans les marchés et les quartiers populaires à la recherche d'un meilleur lendemain. Bien que les paroles légères peuvent faire sourire à la première écoute, Le Nyama est le symbole d’une idéologie de bosseurs, de ceux qu'on appelle les "warmans" en argot local et qui se battent pour avoir de quoi nourrir leur famille. Un appel à la mobilisation générale des consciences quant au rapport des Camerounais avec les métiers considérés comme moins prestigieux ou peu importants. La composition musicale de cette chanson se rapproche de l’afrotrap et du bikutsi, une musique énergique et motivante qui va vous inspirer quelques pas de danse. Un hit qui rayonne déjà au-delà des frontières du Cameroun.

Au Congo, X-ice est en croisade contre l’ingratitude des auditeurs congolais avec Aa Sala Ba Fières ?
X-ice, de son vrai nom Prinsli Babin, né un 28 mars au Congo-Brazzaville est le fils de Simon Pierre, un artiste congolais. Il est le quatrième enfant d'une fratrie de cinq. C'est dans le sud de Brazzaville qu'il a grandi et s'est lancé dans la musique dès 2007. X-ice alias Mister Souleymane se fait une place de choix dans la musique urbaine au Congo. Cet ancien protégé de Biz Ice, est passé par plusieurs groupes avant d’évoluer en solo. Il est notamment connu pour ses titres Délire de persécution ou encore Girlfriend. X-ice a également été beatmaker et arrangeur. En 2018, il a sorti une mixtape Esprit de plus et a travaillé avec le Congolais Tresor Mvula et le Gabonais NG Bling. Avec Aa Sala Ba Frères, X-ice dénonce les réalités que rencontrent les artistes congolais victimes de l’adage "nul n'est prophète en son pays" et qui signifie qu’il est plus difficile d'être écouté, considéré par ses compatriotes ou ses proches que par les étrangers. X-ice regrette aussi que les fans congolais partagent principalement les œuvres d’artistes étrangers, mais jugent indigestes celles qui viennent des leurs.

En Angola, Matias Damásio joue les agents touristiques pour son pays avec Amar Angola
Matias Damásio est définitivement un artiste engagé pour sa patrie. Né le 16 mai 1982 à Benguela, une station balnéaire au sud de l’Angola, il a déménagé à Luanda avec sa famille à la fin des années 1990. Une fois sur place, les opportunités se sont présentées à lui lorsqu’il commença sa carrière au début des années 2000. Il a participé au célèbre télé-crochet Estrelas no Palco ("Étoiles sur scène") où il est arrivé jusqu’en finale. On lui doit les albums Por Amor (2016) qui fut n°4 des classements portugais et Augusta (2018), n°1 pendant plusieurs semaines consécutives. Vous l’aurez compris, Matias Damásio est loin d’être un novice. Il a remporté plusieurs prix en Angola dont celui de Meilleur artiste masculin décerné par Radio Luanda en 2015 et aussi celui de Meilleure chanson de l’année 2018 avec Voltei com Ela (plus de 10 millions de vues). Après une pause de plus d’un an, Matias Damásio était revenu en mai dernier lors du premier confinement en Europe avec une chanson dédiée au personnel soignant portugais Guardiões da Vida, puis il est retourné en studio pour concocter un projet d’envergure dont les extraits Luz, Minha Pessoa et Amar Angola servent de rampe de lancement.

Au Sénégal, Philippe N'Dour invite sa maman Viviane Chidid sur Sama Everything
Philippe N'Dour est de retour après une longue absence. Si vous n’aviez pas encore fait le lien, Philippe est bien le fils de la célèbre chanteuse sénégalaise Viviane Chidid et de son ex-mari Bouba N’Dour, le frère de Youssou. C’est donc en famille que Philippe revient pour cette nouvelle vidéo en duo avec sa maman. Sama Everything est son premier single depuis Sen Regal (2012) et Get Up Stand Up (2016) en duo avec Mr Tombola. Le jeune homme a dû faire une pause pour ses études supérieures aux États-Unis. Dans Sama Everything, Philippe N'Dour chante l’amour maternel et déclare à sa mère Viviane toute l’affection et l’admiration qu’il ressent pour elle. "À travers ce duo, je voudrais qu'elle sache combien je l'aime et combien je suis fier d'elle. Elle est mon idole, j'admire sa force et son courage. Ma maman est tout pour moi, je ne lui témoigne pas assez tout l'amour d'un fils. J'espère un jour l'égaler et avec sa bénédiction pourquoi pas la dépasser... Maman nous t'aimons très fort" a-t-il écrit sur YouTube.

En Guadeloupe, Were-Vana ne cache pas ses intentions avec Casanova
Were-Vana, de son vrai nom Evariste Geoffroy, est issu d’une famille où la musique traditionnelle gwoka est omniprésente. Avant Casanova, il s’est essayé au reggae dancehall et a intégré le collectif Cask d’Or avec son ami Misié Sadik avant de lancer son propre collectif Kampagnard en 2006. Toujours entre gwoka, zouk et dancehall, le style de Were-Vana s’affirme de plus en plus. Doudou (plus de 10 millions de vues) fut la consécration absolue en 2017 extrait de son premier album éponyme et suivront An Chwazi’w l’année d’après et Voleur de cœur en 2019. Une régularité qui a forgé la réputation de Were-Vana en tant qu’artiste "conscient" et engagé envers sa communauté, mais surtout envers la jeunesse de son île. Il a collaboré avec son compatriote Admiral-T sur le titre Baimbridge Cho et chante principalement en créole et en français. Considéré comme l’étoile montante du dancehall, il a signé sur le label Play Two (Tayc, Gims, Jok’Air, Camelia Jordana…) en septembre dernier.

Le rappeur Naza n’est pas du tout rancunier dans Faut pardonner
Naza vient de dévoiler le clip Faut pardonner, nouvel extrait de son album Gros bébé disponible depuis le vendredi 13 novembre. La vidéo de Faut pardonner commence avec un plan fixe sur un jeune homme représentant Naza adolescent, calmement installé dans sa chambre. Un travelling nous emmène vers un changement complet de décors et c'est dans le désert que l'on retrouve le Naza d'aujourd'hui, assis non plus sur son lit, mais sur un trône, encadré par deux éléphants. Une évolution qui ne s’est pas faite sans mal, car Naza a dû essuyer les moqueries et expériences difficiles qui lui ont donné la sagesse nécessaire pour s’offrir un avenir à présent fructueux. Ce morceau très mélancolique est également porteur d’espoir, témoignant ainsi de la revanche que Naza a prise sur la vie. On note un passage très marquant dans la chanson, celui des chœurs d'enfants qui accompagnent l’artiste le temps d’un refrain.

Rema aime toutes les femmes et le déclare dans Woman, inspiré du rythme sud-africain amapiano.  
Rema est sans aucun doute l’artiste qui a tout raflé en 2019 avec son EP Bad Commando. Malgré une année 2020 parsemée d’embûches, le jeune artiste a été prolifique. Outre Woman dans lequel Rema chante "Je suis amoureux de beaucoup de femmes" entouré de plusieurs danseuses aux chorégraphies suggestives, il a passé l’année à sortir une série de singles dont Ginger Me, Alien, 4AM, Simple Things avec DJDS et l’Américain Tory Lanez ainsi que plusieurs remixes de son hit Dumebi notamment avec Major Lazer. Malgré son agenda chargé, Rema a trouvé le temps d’aller en studio pour enregistrer un autre projet dont les contours ne sont pas encore définis. Peut-être un nouvel EP à venir d’ici le début de l’année 2021.

Tous les titres de cette sélection sont à écouter dans la playlist de DJ Face Maker sur Deezer et à regarder sur YouTube avec RFI Musique.