Afro-Club, le hit des platines avec Safary, Andy Bumuntu & Rwanda All Star et Lauraa

Le trio sénégalais Safary. © No Limit Music

Bonne arrivée au mois de septembre dans l’Afro-Club qui ouvre son hit des platines avec les artistes Zaga Bambo, Hezbo Rap & Tati Tati, Nana Fofie, Safary, SLM Libende Boyz & Koffi Olomidé, Andy Bumuntu & Rwanda All Star et enfin Lauraa.

La Togolaise Lauraa s’octroie la couronne du rap et invite les femmes à se battre dans Mablo
Il aurait été trop facile de la comparer à Nicki Minaj ou à Cardi B tant elle est singulière, mais tout aussi vindicative dans ses textes que ses pairs masculins. La Togolaise Lauraa a pris les rênes du rap au féminin de son pays depuis près de deux ans. Elle défie les rappeurs et affirme son autorité naturelle sans toutefois se dénaturer. Elle a su s’imposer comme une figure de la scène afro urbaine ouest-africaine. Pendant très longtemps, le rap féminin au Togo était parcimonieux, voire désertique avant l’explosion de la rappeuse Flash Marley en 2015. Selon Lauraa, Mablo est l’alter ego féminin de Pablo (en référence au célèbre trafiquant de drogue colombien Pablo Escobar). Cette chanson est un appel à toutes les femmes entrepreneures, artistes, enseignantes, docteurs, commerçantes, mères de famille et bien plus encore à se battre et à devenir toutes des Mablos dans leurs domaines d’activités. Pour appuyer son message, Lauraa est accompagnée de plusieurs figures des différents secteurs cités plus haut, comme Pamela Allavo (docteur en médecine générale), Elisabeth Apampa (présentatrice télé et radio), Akouvi Djaou (conductrice d’engins lourds), Elsa M’bena Ba (directrice d’ONG des droits des femmes), Marthe Fare (romancière) et enfin Almok (artiste). Comme dirait Beyoncé "Who run the world ?", Girls !

Au Rwanda, treize artistes se mobilisent contre la pandémie de la Covid-19 avec Tuzatsinda
Le Rwanda vient tout juste de sortir d’un nouveau confinement le 1er août dernier, faisant face à une troisième vague de l’épidémie du coronavirus. Treize artistes se sont réunis autour du chanteur Andy Bumuntu à l’initiative du Rwanda Biomedical Centre et de la Mastercard Foundation afin de mobiliser le moral des troupes face à cette énième épreuve, mais aussi et surtout pour rappeler les gestes barrières et sensibiliser la population à la vaccination. "La raison principale et le but derrière cela, c'est de partager l'espoir conformément aux mesures de prévention pour que nous puissions vaincre cette pandémie dévastatrice", a déclaré Andy Bumuntu au New Times (article en anglais). Intitulé Sindohoka, le projet voit la participation de Masamba Intore, Andy Bumuntu, Clarisse Karasira, Kivumbi King, Mani Martin, Alyn Sano, Mike Kayihura, Israel Mbonyi, Jules Sentore, Yvan Buravan, Mucyo, Peace Jolisa et Niyo Bosco. La première chanson Tuzatsinda (qui signifie "Nous gagnerons") a été publiée le 21 août dernier.

Le trio féminin Safary dans le top 20 des tendances au Sénégal avec Excuse My Jongué
Maria, Defa et Khadija ont sorti l'artillerie lourde sur cette production pop magnifiée par les percussions sabar de Babacar Seck. L'expérience d'écoute d’Excuse My Jongué est totalement unique et donne ce style propre à Safary : le jolofbeat. Le clip est tout aussi étincelant. Les chanteuses ont particulièrement soigné leurs tenues qui sont mises en valeur à travers des décors fantaisistes imaginés par les techniciens de Reverse Studio. À la direction artistique, on retrouve le guitariste et producteur Stéphane Pambou. Le refrain d'Excuse My Jongué vous restera dans la tête sans aucun doute. Pour les non-initiés, le jongué est tout un dispositif de séduction dont disposent les femmes de la capitale sénégalaise mêlant objets érotiques, senteurs, sons, romantisme et expressions salaces. En wolof, la lutte sénégalaise est la métaphore de la sexualité. Dans les deux, l’essentiel est moins le combat proprement dit que les longs préliminaires (léewtoo) qui y conduisent. Alors n’ayez crainte mesdames de Safary, vous êtes toutes excusées !

La Ghanéenne d’Amsterdam, Nana Fofie, de retour avec son titre afro r'n'b Gonn Do en duo avec Vincent Vianen 
Décidément, la sensualité est de rigueur en cette rentrée 2021. Il va sans dire que Nana Fofie a définitivement conquis le public afro avec son style r'n'b personnalisé qu’elle a su peaufiner depuis maintenant 4 ans. Avec plus de 10 millions d’écoutes rien que sur la plateforme Spotify, elle fait partie des artistes de la nouvelle génération à surveiller d’urgence. Toujours très positive dans ses chansons, Nana Fofie y rajoute la chorégraphie et le rythme approprié afin que quiconque écoute sa musique ait envie de danser et de s’amuser. Gonn Do ne déroge pas à la règle. Et qui de mieux que le célèbre coach-chorégraphe néerlandais Vincent Vianen pour l’accompagner sur ce morceau sensuel. Les deux artistes jouent le jeu de la séduction dans un corps à corps très physique mais pas vulgaire. Si vous remuez la tête en entendant cette mélodie, c’est normal, ne vous retenez pas.

Le duo guinéen Hezbo Rap défend la culture peul dans Bani Adama partagé avec Tati Tati
Hezbo Rap est un groupe de rap sénégalo-guinéen, constitué de deux frères, originaires de la localité de Lelouma. Nés au Sénégal, Muslim et Rebel Mic ont fondé le groupe en 2012 avec un ami, décédé en 2016. En novembre 2018, ils font leurs premiers pas en tant que professionnels avec la mixtape de 16 titres Fina Fino. "Notre parcours n’a pas été du tout facile. Quand tu fais du rap conscient, il est difficile de trouver un producteur, parce qu'ils ont besoin d’un son qui est à la mode. Mais on a toujours voulu rester dans notre style. L’album qu’on a sorti, on l’a fait par nos propres moyens", a confié Muslim au magazine Rarili News en 2019. À leurs débuts, Hezbo Rap ne chantait qu’en wolof avant de s’ouvrir peu à peu au poular de la Guinée. Tati Tati a, lui aussi, un parcours singulier. Cet ancien disciple d'une école coranique de Labé (Guinée), a choisi de faire carrière dans la musique, mélangeant plusieurs genres différents. Si vous êtes amateur de rap à l’ancienne, Hezbo Rap est clairement dans votre créneau.

Au Togo, Zaga Bambo chante Petit câlin en duo avec son compatriote Tony X
Zaga Bambo, aussi surnommé le Rebelle Conquérant, est un habitué des ambiances afropop. Il est né et a grandi au Togo, issu d'un métissage algéro-togolais. À 7 ans, son père l’inscrit à l’école coranique où il se fait rapidement remarquer pour ses talents de chanteur. À 12 ans, il devient le muezzin de la mosquée qu’il fréquentait, exécutant chaque jour les appels à la prière pendant 5 ans. Quand il eut 17 ans, il s’est mis à écouter de la musique populaire, notamment du hip-hop. Sans aucune formation, Zaga Bambo, apprendra, dès lors, à jouer de la guitare et du piano. Il sortira sa première chanson Zoutiana sous le pseudonyme de Demon Lassi en duo avec Mic Flammez. Abordant régulièrement les sujets portant sur la justice sociale, il sera censuré dans les médias au Togo entre 2011 et 2012. Après un bref passage à Abidjan, il arrivera en France où il décidera d'arrêter la musique pour se consacrer à sa famille avant de revenir en 2017 avec Tassaba. L’année d’après, il sortira Ma chérie Coco en duo avec Bebi Philip. Plus récemment on lui doit le titre C’est pour poser question ? Zaga Bambo est définitivement de retour aux affaires avec Petit câlin et l’aide de son compatriote Tony X.

En RDC, les jeunes de SLM Libende Boyz redonnent de l’espoir à la ville de Beni dans Celebration avec Koffi Olomidé
Avec leur slogan "From Beni to the world", SLM Libende Boyz est déterminé à changer la narration de leur ville, connue pour être le théâtre d’atrocités et de massacres commis par des groupes armés actifs depuis plusieurs décennies dans la province du Nord-Kivu, à l’est de la RDC. Repéré par Mr Eazi via son projet EmPawa Africa, SLM, dont la musique est un mélange de rap, de rumba et d'afropop, a récemment sorti Motivé. Le groupe s’est installé à Kampala (Ouganda) depuis peu, car la situation à Beni ne leur permettait plus des conditions de travail propices à la créativité. Libende Boyz qui signifie "Hommes forts et courageux" s’est lancé en 2014 avec la mixtape No Limit de 21 titres. Le groupe n’a jamais voulu s’installer à Kinshasa afin de mettre en lumière Beni et ses talents. L’expansion d’Internet et des réseaux sociaux a simplifié la tâche. Ainsi que le programme EmPawa, dont Libende Boyz est le seul groupe congolais à en faire partie parmi 100 autres artistes. En 2019, ils ont sorti le single Tchatcho, un clin d’œil à Koffi Olomidé avec qui ils ont finalement collaboré sur Celebration. Un juste retour des choses.

Tous les titres de cette sélection sont à écouter dans la playlist de DJ Face Maker sur Deezer & Spotify et à regarder sur YouTube avec RFI Musique.