Lass, une vie de rencontres

Lass. © Matar Mbengue

Il s’appelle Lass, diminutif de son vrai nom Lassana Sané, il est sénégalais et vit en France depuis 2007, en région lyonnaise. Ce garçon originaire de Mbatal, un village côtier de la région de Dakar vient de sortir un premier EP éponyme, avant un album prévu en début d’année prochaine. Les six titres sont influencés notamment par l’afro-salsa et le fameux mbalax.

"Ma musique, c’est actuellement un mélange d’électro et de musique africaine et mon but, c’est tout simplement de faire plaisir aux oreilles". Lass, le sourire aux lèvres est d’une bonne humeur constante. Il nous parle de son métier entre deux répétitions au Trianon, à Paris. Dans la soirée, il est sur scène aux côtés de ses amis de Synapson.

Le duo électronique français a eu un tel coup de foudre pour sa voix et sa musique qu’il a adapté l’une de ses chansons Souba. "C'est un hymne à l’espoir, explique le chanteur. 'Souba', ça veut dire 'demain' et la chanson appelle à ne jamais se laisser submerger par les problèmes et les pensées négatives". Le refrain "Demain sera forcément meilleur" est chanté dans la langue natale de l’artiste, le wolof. La chanson a cartonné sur les plateformes musicales accumulant plus de 4 millions de streams.

Les influences

Lass a grandi à Dakar et a baigné dans la musique. Les soirées dansantes qu’organisaient ses grands frères y ont été pour beaucoup : le style afro-caribéen et la rumba congolaise y passaient en boucle avec des artistes comme Africando ou l’Orchestra Baobab. Mais ses idoles s’appelaient aussi Youssou N’Dour, Ismaël Lô et Omar Pène. "On les appelait les anciens à l’époque, même s’ils n’étaient pas vieux, tout simplement parce qu’on a grandi avec leur musique".

Mais une rencontre va un jour changer le cours de sa vie :  celle du groupe sénégalais de hip hop Daara J. "C’étaient des jeunes que je voyais à la télé et ils me faisaient rêver. Et je voulais être comme eux. J’ai fait le premier pas. Je suis allé les voir. C’est eux qui m’ont donné la première chance de chanter devant un public. J’étais en quelque sorte leur bébé. Ils m’ont mis sur les rails".

De fil en aiguille, Lass réussit à se faire remarquer. Après ses premiers pas aux côtés de Daara J, il se distingue sur la scène musicale de Dakar, en assurant des premières parties d’artistes de premier plan comme Tinariwen, Victor Démé ou du Jamaïcain Stephen Marley.

 

Alors que beaucoup de ses amis montaient dans des pirogues pour tenter l’aventure en Europe il se dit persuadé aujourd’hui que le fait de chanter à cette époque l’a sauvé. "Moi, je n’avais qu’une seule chose : la musique. J’avais espoir que, avec tout ce qu’on me disait sur ma voix, je pourrais percer. C’est pour cela que je suis resté sinon j’e crois que j’aurais fait comme eux."

L'arrivée en France

A son arrivée en France en 2007, il eut le sentiment de perdre ses repères. "Pour moi qui souhaitais vivre de la musique, cela a été très compliqué de trouver un musicien avec qui travailler. J’ai passé des annonces partout. J’avais soif de rencontres et besoin de jouer avec quelqu’un. Finalement, j’ai croisé un jour dans une gare un guitariste que j’ai abordé. Le courant est très vite passé entre nous et d’ailleurs, il est toujours à mes côtés sur scène aujourd’hui".

Lass fait ensuite une rencontre déterminante avec le producteur et bassiste Bruno Hovart, plus connu sous le nom de Patchworks. Ce dernier est séduit par ses qualités vocales. Lass intègre grâce à lui le collectif de funk et de reggae Voilaaa. Il croise ensuite la route du duo Synapson qui a contribué à l’écriture de l’EP qui vient de sortir et dont on retiendra entre autres le très beau Mo Yaro. "C’est une chanson, explique Lass, sur les qualités que nous offrent nos parents à travers l’éducation et la bonté de cœur. J’y parle de valeurs qui se transmettent par l’exemple, en observant les anciens".

Et comme pour Lass, la vie est décidément faite de rencontres, comment ne pas mentionner celle du jeune chanteur Tim Dup avec qui il a enregistré le titre Toujours. "C’est comme mon petit frère, Tim Dup, confie le chanteur. Travailler avec lui a été une expérience formidable".

Lass poursuit donc inlassablement son parcours singulier fait de coups de foudre et de métissages musicaux. La prochaine étape en perspective est l’album qu’il devrait dévoiler en début d’année prochaine.

Lass (Wagram) 2021

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