Koffi Olomidé à l'Olympia

En quatre heures d'un show rigoureux et magique, l'inventeur du "tcha-tcho" a conquis un public gourmand. De sa voix de velours, il a séduit la foule de ses admiratrices resplendissantes dans leur plus beaux écrins. Avec le concours de son excellent groupe, Quartier Latin, il a entraîné une salle comble dans une danse irrésistible. À l'issue de cette nuit de fête, étourdi et ravi, on avait le sentiment rare d'avoir assisté à un "concert historique".

Le roi de la rumba à fait la réouverture de la salle parisienne

En quatre heures d'un show rigoureux et magique, l'inventeur du "tcha-tcho" a conquis un public gourmand. De sa voix de velours, il a séduit la foule de ses admiratrices resplendissantes dans leur plus beaux écrins. Avec le concours de son excellent groupe, Quartier Latin, il a entraîné une salle comble dans une danse irrésistible. À l'issue de cette nuit de fête, étourdi et ravi, on avait le sentiment rare d'avoir assisté à un "concert historique".

Dimanche 29 août 1998, minuit
Le quartier de l'Opéra est en pleine effervescence. Sur le boulevard des Capucines se presse la foule des grands soirs devant le temple du music-hall. L'Olympia a récemment fait peau neuve et accueille pour la première fois le show de Koffi Olomidé. Son nom sur la façade rayonne en lettres démesurées. Dessous, ont été accrochées à la hâte deux pièces de tissu blanc plus ou moins carrées. Sur l'une, écrit à la bombe de peinture rouge : "Ce soir, complet". Sur l'autre : "Le 7 novembre au Zénith".

Partout, dans la rue, le long du hall, au fumoir, autour des bars, on rivalise de toilettes. Mais à la congolaise, s'il vous plaît ! La société des ambianceurs et personnes élégantes (S.A.P.E.) s'est donné rendez-vous sous le portrait de Bruno Coquatrix. Du haut de son ciel étoilé, il doit se dire que Cécil B. de Mille aurait adoré ce spectacle. Mais les caméras sont dans la salle. Un ou deux morceaux du Quartier Latin pour chauffer l'ambiance et Koffi apparaît, resplendissant dans son costume d'un blanc immaculé à la veste cache-poussière, fendue par le milieu du dos des fesses jusqu'à terre. Son fin collier de barbe et moustache mousquetaire souligne les traits de son visage en blond platine, couleur de ses cheveux ras. D'un geste lare, généreux, il envoie quelques baisers avant de faire teinter sa voix de métal chaud, ondulante, veloutée. Ce soir, il est le maître incontesté, le seigneur de ces dames.

Quatre heures d'un show décontracté, au professionnalisme irréprochable, ne suffiront pas à les rassasier de ses tubes aux langueurs capiteuses ou au "dombolo" frénétique. Le "Rambo" ne s'autorisera que deux petits intermèdes, sans quitter la scène toutefois. Le premier est réservé aux hommages successifs qu'il veut rendre à Franco, Eboa Lotin et Tabu Ley Rochereau, qui est dit-il "celui qui m'a le plus inspiré". Il en profite pour demander au public d'observer une minute de silence en pensant aux familles et amis pris dans "la zone de turbulences que traverse actuellement" la république du Congo. Le second est consacré à la présentation d'amis venus le soutenir. Entraînant la star ivoirienne Meiway à l'avant scène, il demande aux spectateurs d'agiter leurs mouchoirs montrant l'exemple, puis : "Vous aimeriez un duo avec Meiway ? " On tendra l'oreille au prochain album ! Celui de Quartier Latin est prévu pour fin 1998. Autre invité de marque, Passi, le jeune rapper d'origine congolaise qui croque le succès à belles dents avec son single "Je Zappe et je Mate", disque d'or en France et son album "Les Tentations" certifié platine.

La fin du show est comme un feu d'artifice. Koffi a revêtu un cache-poussière noir, cette fois, gilet noir à pois blancs fermé sur une chemise blanche à jabot, pantalon gris métallisé. Ses quatre danseuses se font de plus en plus expressives et les chanteurs-danseurs du Quartier Latin donnent le meilleur d'eux-mêmes. Alors se déclenche le tourbillon magique qui emporte corps et âme dans la joie et la danse jusqu'au bout de la nuit.