Baaba Maal, le yela rap

Sorti sous Palm Pictures, le nouveau label de Chris Blackwell, "Nomad Soul", le dernier album de Baaba Maal coïncide avec le treizième anniversaire de la fondation de son groupe Daande Lenol. Cette nouvelle création qui s'inscrit dans la logique de "Fouta" se veut l'image même du peuple futani, "un peuple de nomades, ce qui explique mon besoin de voyager et de découvrir le monde ".

Nomad Soul

Sorti sous Palm Pictures, le nouveau label de Chris Blackwell, "Nomad Soul", le dernier album de Baaba Maal coïncide avec le treizième anniversaire de la fondation de son groupe Daande Lenol. Cette nouvelle création qui s'inscrit dans la logique de "Fouta" se veut l'image même du peuple futani, "un peuple de nomades, ce qui explique mon besoin de voyager et de découvrir le monde ".

Enregistré à Dakar, Kingston, Londres et New York, "Nomad Soul" s'est offert une virée mondiale qui passe d'abord par l'Irlande : les Screaming Orphans croisent leurs voix avec celles du créateur du yela dans "Souka Nayo", un cocktail romantico-sahélien. Baaba Maal s'embarque ensuite pour la Jamaïque avec Luciano, la nouvelle coqueluche du reggae dans "Yoleta ".

Il termine par un séjour à Istanbul avec "Lam Lam", où le nay, cette flûte orientale, vous dépose au pied de la mosquée bleue. Mais cette exploration est reliée par une constante, le yela, ce rythme des griots halpulaars à base de frappe de calebasse et de claquements de main. Il y imprime ici une forte rythmique basse aux couleurs rap et funk, et des atmosphères où percent parfois les gouttes d'un tama ou la fusion discrète d'un sax (celui de Tonia Lô dans "Iawa" par exemple).

A noter, la beauté du titre " Guelel ", très différent de celui sorti sur cassette au pays : la voix de Baaba Maal y est mise particulièrement en valeur par la foule d'effets sonores et le beat rap. Une belle réussite pour cet artiste qui aime créer à Podor, sa ville natale, un des fiefs avec Matam des halpulaars du Sénégal.