The Soul of Axelle Red

Le Palais des Congrès transformé en cathédrale baptiste ! Le 16 novembre dernier, les stars légendaires de la soul avaient répondu à l'invitation d'Axelle Red. Un vieux rêve devenu réalité pour la petite chanteuse belge.

Les grands de la musique noire américaine invités à Paris

Le Palais des Congrès transformé en cathédrale baptiste ! Le 16 novembre dernier, les stars légendaires de la soul avaient répondu à l'invitation d'Axelle Red. Un vieux rêve devenu réalité pour la petite chanteuse belge.

"Are you ready ? Yeeaah !!!!! " C'est parti pour deux heures de soul, celle des figures légendaires de la musique noire américaine des sixties et des seventies. Avec quand même d'entrée une grosse déconvenue : Isaac Hayes, grand sorcier de "Shaft", a décliné l'invitation au dernier moment (ainsi que Mavis Staple). Dommage, car l'affiche devait beaucoup à son nom. Les autres, eux, ont répondu présents : Sam Moore, le "soul man" de Sam and Dave, Eddie Floyd et son célèbre "Knock on wood", Percy Sledge, Clarence Carter ou encore Ann Peebles, qui ont fait tour à tour la démonstration éclatante de leurs voix et d'une foi inébranlable en la soul et le gospel. Forgés depuis toujours dans les églises d'Outre-Atlantique.

Sans complexe

Ce soir là, du côté de l'Arc de Triomphe, c'est une petite rousse diaphane qui tenait le rôle d'animatrice. Axelle Red, très nature et un peu tendue, qui prévient : "toutes les idoles de mon enfance sont derrière moi... J'ai le trac, car je doute de mes capacités vocales". Elle peut. Surtout lorsque Ann Peebles, quelques minutes après le lever du rideau, entame son "I can't stand the rain". Du coffre et du swing pour cette femme qu'on croirait tout droit venue des années 70, dans sa petite robe frangée à trois niveaux.

Les gloires d'antan et les classiques s'enchaînent. Les vingt-quatre musiciens de l'orchestre, dirigés par l'organiste Lester Snell, et l'inimitable son de la pédale wah-wah, n'ont guère de mal à faire lever le public. Petit à petit, le Palais des Congrès se transforme en temple de la soul. Du premier au dernier rang, de gauche à droite, on frappe dans ses mains.

Et même si l'allure rondouillarde du lover-crooner Percy Sledge en fait sourire quelques unes, sa voix d'or continue de les faire rêver quand résonne son voluptueux "When a man loves a woman". Inoubliable encore, le "Knock on wood" d'Eddie Floyd file une nouvelle décharge de nostalgie et d'adrénaline aux 3 700 spectateurs.

L'ombre d'Otis

Et Axelle Red ? Elle assure les intermèdes, un peu longuets, et n'en finit pas de refaire l'histoire de la Black Music, comme celle du label Stax, à Memphis, au sud des Etats-Unis. Label "plus foncé que Motown", et qui aura hébergé toute la carrière d'Otis Redding, "mon idole", à qui la soirée est entièrement dédiée. Et quand Axelle oublie son bavardage appliqué, c'est pour reprendre "Chains of Fool" d'Aretha Franklin ("qui n'a pas pu venir car elle a peur de l'avion"...), ou "Just the Two of Us" de Bill Withers. Au passage, la chanteuse n'oublie évidemment pas de glisser un titre de sa propre carrière. "Rester femme", par exemple, extrait de son dernier album, qui squatte les charts francophones depuis plusieurs semaines. Et si ce titre-là n'entrera pas dans le panthéon de la soul, le public était si galvanisé qu'il lui fit un triomphe. De quoi "remercier maman", qui aura bercé toute l'enfance d'Axelle de ces musiques de légende.