LA VOIX DES FEMMES

Paris, le 9 mars 2000 - Pour célébrer à leur façon la Journée internationale de la femme du 8 mars, des chanteuses d'ici et d'ailleurs, de France, d'Afrique ou d'Asie, connues et moins connues ont décidé d'unir leurs voix utilement. Elles étaient donc environ vingt-cinq hier soir sur la scène de la Cigale pour un spectacle au profit de la Chaîne de l'Espoir, association qui permet à des enfants du Tiers-Monde d'être soignés et opérés en France si leur maladie ou handicap ne peut être traité chez eux. La liste d'attente est longue et les besoins nombreux. Les chanteuses, emmenées par Princess Erika, ont donc lancé un appel.

Des chanteuses s'unissent pour les enfants du Tiers-Monde

Paris, le 9 mars 2000 - Pour célébrer à leur façon la Journée internationale de la femme du 8 mars, des chanteuses d'ici et d'ailleurs, de France, d'Afrique ou d'Asie, connues et moins connues ont décidé d'unir leurs voix utilement. Elles étaient donc environ vingt-cinq hier soir sur la scène de la Cigale pour un spectacle au profit de la Chaîne de l'Espoir, association qui permet à des enfants du Tiers-Monde d'être soignés et opérés en France si leur maladie ou handicap ne peut être traité chez eux. La liste d'attente est longue et les besoins nombreux. Les chanteuses, emmenées par Princess Erika, ont donc lancé un appel.

"I've got all my sisters with me" chantent-elles, enthousiastes et généreuses, en cette soirée du 8 mars. Le plateau est magnifique. Près de vingt-cinq chanteuses, vingt-cinq filles, femmes et mères, réunies sous la houlette de Princess Erika pour soutenir la Chaîne de l'Espoir: Rokia Traore, Nourith, Ishtar, Leyla Doriane, Tilly Key, Carole Fredericks, China, Amina, les Nubians, Nicoletta, Julie Zenatti, Anggun, Lââm, Nina Morato, Bam's, la chorégraphe Max-Laure… Sur un répertoire qui tourne autour de la maternité, de la liberté, du racisme ou de l'enfance, elles chantent, fort bien, en duo, en trio, toutes ensemble, mais jamais seules. Parce que ce soir, c'est au nom de la solidarité et de l'entraide qu'elles sont là. Cette entraide qui permet à des enfants du Tiers-Monde d'être soignés, opérés, sauvés en France mais aussi chez eux.

Dans les années 80, des médecins français, dont le cardiologue Alain Deloche, s'émeuvent de l'injustice flagrante et révoltante en matière de santé entre les pays du Nord et ceux du Sud. Pour eux, il est évident que les pays riches doivent apporter leur aide aux patients des pays pauvres. L'ampleur de la tâche est titanesque mais grâce à une mobilisation du monde médical, de partenaires institutionnels et privés (hôpitaux, transports aériens, entreprises), de familles d'accueil, de donateurs, une véritable Chaîne de l'Espoir est mise en place à partir de 1988 à travers une vingtaine de pays. D'abord sous l'égide de Médecins du Monde, l'association devient indépendante en 95.

L'urgence est là. Il s'agit de sélectionner les enfants dont les cas sont franchement critiques, de les transporter en France, de les accueillir, de les soigner et de les rapatrier dès leur guérison. En 12 ans, 5.000 enfants ont ainsi bénéficié de cette initiative en France mais aussi chez eux puisque l'ambition de la Chaîne est désormais de former des médecins, de fournir du matériel, de construire des hôpitaux, le tout sur place. C'est ainsi qu'un hôpital est en construction à Phnom-Penh au Cambodge (ouverture fin 2000), que l'association est en train de finaliser la réhabilitation d'un centre pédiatrique à Maputo au Mozambique (ouverture mai 2000) et qu'un hôpital de Dakar doit bénéficier des fonds recueillis lors du concert d'hier soir.

Il y a quelques mois, la chanteuse Princess Erika découvre cette association. Un reportage témoignant de cette rencontre fut alors diffusé sur la chaîne de télévision Canal Plus avant de tenir lieu d'introduction hier soir à la Cigale. "On a décidé de filmer tout ça pour que ça soit plus tangible pour le public." Bouleversée par le travail des équipes de la Chaîne de l'Espoir, la chanteuse veut en faire plus.

Elle choisit donc un terrain qu'elle connaît bien : la musique. "Depuis environ deux ans, avec d'autres artistes, on avait envie de faire un concert de femmes. Mais notre projet n'était que musical. Après avoir rencontré la Chaîne de l'Espoir, il y eut un déclic. Et le fait d'avoir vécu le processus m'a confortée dans cette volonté d'allier les deux projets, musical et humanitaire. De plus, je suis africaine et je peux ainsi travailler pour que les chances soient les mêmes pour tous". Le mercredi 8 mars, c'est avec une joie communicative qu'elles y travaillent toutes. "J'espère que cette soirée est la première d'une longue série. Il faut qu'il y en ait d'autres," ajoute t'elle. D'autres pour accueillir de nouvelles artistes : "Noa nous a promis sa présence l'année prochaine". Mais surtout pour recueillir des fonds et sensibiliser l'opinion : "Une opération chirurgicale coûte environ 20.000FF. Si on pouvait recueillir des dons réguliers, on aurait atteint notre but."

La soirée d'hier a rapporté environ 140.000 FF qui iront directement à Dakar. Mais les besoins sont nombreux, constants et urgents. Grâce à une bande de chanteuses, efficaces et motivées, qui ont fait hier don de leur talent, la Chaîne de l'Espoir entre désormais dans le cercle des organisations humanitaires qui bénéficient d'un soutien concret du monde artistique.

la Chaîne de l'Espoir

Catherine Pouplain
Photos : CP