David Hallyday

Il a longtemps porté son nom comme un fardeau. Difficile d'être le rejeton de la plus grande star de la variété française. Pourtant, sa vie a changé en 24 chansons. Le roi David, comme le chantait sa mère Sylvie Vartan, peut enfin s'offrir deux Olympia.

Au nom du fils

Il a longtemps porté son nom comme un fardeau. Difficile d'être le rejeton de la plus grande star de la variété française. Pourtant, sa vie a changé en 24 chansons. Le roi David, comme le chantait sa mère Sylvie Vartan, peut enfin s'offrir deux Olympia.

      A 33 ans, David Hallyday est en état de grâce. Cette année est la sienne. Elu artiste masculin de l'année lors des NRJ Awards grâce à son album "Un paradis/un enfer" (Universal) qui caracole en tête des ventes avec 400.000 exemplaires vendus et un million de singles. Le fiston ne s'en tient pas là puisque l'album "Sang pour sang" (Universal) qu'il a composé pour son père a valu à Johnny Hallyday la Victoire de la Musique du meilleur album de l'année. Il prépare le prochain album de Florent Pagny. Enfin, cet Olympia, comme une consécration pour cet enfant de la balle, élevé en Californie et qui s'obstinait à chanter du hard-rock en anglais.

Car enfin, il aura fallu attendre ce cinquième album, chanté en français pour que David Hallyday soit enfin reconnu par ses pairs. Moins hard, plus pop, cet album passe mieux. David s'est lassé du rock FM et des guitares saturées. Un changement de style qui aura pris quelques années, le chanteur ne concevant la musique qu'anglo-saxonne. Prenant en tous les cas son temps pour entamer une carrière chez lui en France. David Hallyday s'est lancé dans la musique par amour de la batterie ou plutôt de Tommy Brown, le batteur de son père, véritable révélation pour ce gamin de quatre ans.

Sa première grande scène, il la fait à onze ans, petite frange blonde derrière une imposante batterie, lors du concert de son père au Pavillon de Paris. Pourtant c'est avec son premier single "She's my girl" qu'il cartonne en 1987 (produit par Tony Scotti, son beau-père), suivi de "High" mais se retrouve très vite catalogué chanteur pour adolescentes, trop blond, trop mignon peut-être. Suivront trois albums américains dont un live, un autre avec le groupe Blind Fish en 1995 et un autre avec Novocaïne en 1997. Un groupe avec lequel il continue de tourner, menant ainsi deux carrières parallèles. 

 

 "Cela fait huit ans que j'attends ce moment", avoue David Hallyday visiblement heureux d'être dans cet Olympia dont il avait longtemps rêvé. Au balcon Estelle, sa femme. En pantalon de cuir noir, pas de doute, David est un vrai rocker. Et toute la musique qu'il aime, elle est là. Une artillerie rock qui claque fort et bien, sans surprise. Les chansons de son album défilent "Pour toi", "Rêver de toi" "Un petit peu de toi", dont les paroles ont été confiées à Lionel Florence, Zazie et Kristine Lidon, un peu la même équipe que celle de Pascal Obispo finalement. Ils sont dans la même maison de disques, forcément ça crée des liens. Sur scène, le fils est plus disert que son père : "On m'a demandé d'écrire quelques chansons pour un artiste, vous voyez de qui je veux parler ?"

On ne cherche pas longtemps. David aime reprendre sur scène la chanson qu'il a écrit pour son père "Sang pour sang" (ce dernier est d'ailleurs venu chanter les derniers couplets aux côtés de son rejeton le soir de la première). Autant de messages déguisés en questions. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que le fils s'essaie à la composition pour Johnny puisque David avait déjà composé pour l'album "Cadillac" en 1989, tout comme il a posé sa patte sur deux titres du dernier album de Sylvie Vartan "Sensible". Enfin cette ballade, comme un hommage diffus à son grand-père maternel bulgare : "Tu ne m'as pas laissé le temps".