Dikongué en Louisiane

Le Festival International de Lafayette en Louisiane vient de s’ouvrir. On attend évidemment beaucoup d’artistes des quatre coins du monde avec une préférence nettement affichée pour les Francophones. Canadiens, Cajuns, Ivoiriens, Camerounais et autres Français se bousculent sur les 4 scènes de Lafayette pour montrer leur talent. Rencontre avec un de ceux-là, Henri Dikongué.

Festival de musique francophone aux Etats-Unis

Le Festival International de Lafayette en Louisiane vient de s’ouvrir. On attend évidemment beaucoup d’artistes des quatre coins du monde avec une préférence nettement affichée pour les Francophones. Canadiens, Cajuns, Ivoiriens, Camerounais et autres Français se bousculent sur les 4 scènes de Lafayette pour montrer leur talent. Rencontre avec un de ceux-là, Henri Dikongué.

Longtemps qu’on avait perdu la trace de Henri Dikongué. Et c’est à Lafayette pour le Festival International, que nous avons repris contact avec l’auteur compositeur interprète de « C’est la vie ». Depuis deux ans, notre homme était sur les routes. En France pour certains festivals mais surtout aux Etats-Unis. « J’ai fait les clubs, petites salles, bars. J’ai tout fait. C’est peut être ça qui a permis le petit succès que j’ai ici. Disons que l’approche de ma musique correspond aussi à ce qu’ils aiment, folk, country ». Aujourd’hui, il donne le premier des deux concerts prévus à Lafayette avec une mini formation de trois musiciens. Moment difficile, car il est programmé juste après la vedette locale, un certain Jon Cleary qui n’hésite, pas à prendre quelques libertés avec l’horaire, retardant d’une heure le passage d’Henri.

Prochain album

Avant son arrivée dans le pays cajun, le musicien camerounais était ces jour-ci en train de finaliser son prochain album entre Londres et Paris qui devra sortir aux Etats-Unis et en France en septembre. « Je fais beaucoup de scènes mais faire un disque est important aussi pour expliquer les choses. Il y a des messages que je veux donner. Je me situe entre le poète et le griot. Sur scène, ce n’est pas toujours évident de le faire. Il faut avant tout que le courant passe avec le public. Au départ, je ne voulais pas faire de scène d’ailleurs, je voulais juste enseigner la musique, la guitare classique. Les choses se sont passées autrement ». De son propre aveu, Henri Dikongué s’éclate sur scène. Il chante la majorité du temps en douala, langue originaire du Cameroun. Existe il une barrière linguistique en matière de musique ? « La musique est porteuse de nombreux messages, l’essentiel pour moi est de donner de l’émotion, je ne veux pas monter sur scène et commencer à faire de nombreuses explications. » On sait que la langue qu’il chante est celle de ses parents. « Je ne la maîtrise pas tout à fait, j’ai grandi avec le français ». Il chante aussi dans d’autres langues. On l’a déjà entendu chanter en zoulou d’Afrique du sud et sur le prochain album, on devrait retrouver un titre en lingala. Polyglotte, Henri ? Non plutôt curieux d’autres cultures. Lui-même se revendique comme un artiste international. « Je pratique beaucoup le mélange, il y a évidemment les consonances africaines mais pas seulement. C’est par le métissage qu’on peut s’enrichir et apprendre beaucoup de choses. J’ai beaucoup voyagé et j’ai fait beaucoup de rencontres. » Cela lui permet d’écrire des chansons, des ballades chargées d’émotion et de poésie, venus de divers horizons lointains. Le public de Lafayette y a été très sensible.

Photos et texte : Valérie Passelègue