Franck Monnet

Ce jeune chanteur bordelais vient d'obtenir le prix Mireille (celle du Petit conservatoire de la chanson) pour son deuxième album Les embellies (Tôt ou Tard/Warner). Ou comment s'excercer à la pop aérienne.

Chanteur léger

Ce jeune chanteur bordelais vient d'obtenir le prix Mireille (celle du Petit conservatoire de la chanson) pour son deuxième album Les embellies (Tôt ou Tard/Warner). Ou comment s'excercer à la pop aérienne.

C'est lui qui le dit : "je vis un vrai conte de fées !". Heureux de faire ce dont il avait toujours rêvé : chanter et embrasser une carrière artistique. Jusque-là, rien de très original, si ce n'est que Franck Monnet n'a pas connu le circuit habituel des auto-productions et des tournées poussives (à huit entassés dans une camionnette déglinguée): "c'est vrai, je n'ai pas galéré, je n'ai pas monté vingt-cinq groupes, tout a été extrêmement rapide", avoue le chanteur bordelais. Un vécu qui colle assez bien avec l'image lisse du jeune homme qui aime ses amis, ses parents (à qui il dédie ce disque).

Car la chance était avec lui ce jour d'avril 1996 où, programmé pour la première fois dans un festival de chanson, du côté du bassin d'Arcachon, Ken Higelin, dans la salle, est suffisament intrigué par le chanteur pour le présenter illico à Patrice Blanc-Francart (producteur et papa de Sinclair).

Très vite, les choses se sont enchaînées. Un premier album Playa en 1998 qui remporte un succès d'estime (dit-on pudiquement) alors que Franck, lui, assume franchement "en gros, il n'y a que mes potes qui l'ont aimé... Un disque un peu fou dans lequel je voulais assumer tout le côté artistique". Dans ce laps de temps, le chanteur passe son diplôme d'architecte, continue ses cours de théâtre et pour arrondir ses fins de mois, dessine dans un bureau d'études chez Bouyges.

On fera donc table rase du passé (pas si loin) pour ne retenir que la maturité assumée de ce second album Les embellies. Dix ballades légères et spontanées écrites entre Bordeaux et Paris ou un opus construit comme "un état des lieux de ce que je suis"

Sans trop de démonstration intempestive, Franck Monnet fait face aux questionnements inhérents à sa nouvelle vie d'artiste ("J'ai traversé le miroir"), et à ses changements de références. Le tout dans un style épuré, des chansons toutes simples comme Ma demeure, sur l'amitié, ("J'habite là où j'ai des amis"), ou plus lugubres avec Lumio, l'histoire d'Adèle, cette petite fille initiée aux joies de la mer par une sirène ou encore Tititi, "des contes lugubres sur des enfants qui se noient"... Un parcours initiatique dans Gilbert, autoportrait dans lequel le chanteur est atteint du syndrome de Peter Pan, celui de ces hommes qui ne veulent pas grandir (et que Franck Monnet partage avec Mathieu Chédid) ou Soliloque, thème emprunté à Police sur la solitude urbaine. On l'aura compris, Franck Monnet voudrait s'extirper dignement de l'enfance. Alors, il écrit des lettres, comme ce J'adore t'écrire, en duo avec Sarah Auvray, ex-choriste des Elles: "J'adore t'écrire, même si t'as pas le temps, mes mots se déplient vite en papillons érubescents/J'adore t'écrire, toujours en m'appliquant, des pages écrites petit, j'garde les brouillons pour dans mille ans."

Franck Monnet en tournée, en première partie de M :
Ce soir à Lorient
Le 2 juin à Angoulême
Le 3 juin à Montauban
Les 7 et 8 à la Cigale à Paris
Le 27 juin, en tête d'affiche, au Divan du Monde
Et du 14 novembre au 9 décembre aux Déchargeurs à Paris