Impériale Dufresne

C'est une fois de plus à Québec et avec l'Orchestre Symphonique de la capitale nationale, l'OSQ que la fauve québécoise a présenté les 25 et 26 janvier derniers un spectacle impressionnant à la salle Louis Fréchette du Grand Théâtre de Québec. Couleurs Symphoniques marque le retour à l'exubérance après la série de spectacles intimistes à la Maison de la Chanson en mai 1999. La Dufresne n'a rien perdu de son extravagance. Bien au contraire.

La Québécoise renoue avec sa démesure d'antan

C'est une fois de plus à Québec et avec l'Orchestre Symphonique de la capitale nationale, l'OSQ que la fauve québécoise a présenté les 25 et 26 janvier derniers un spectacle impressionnant à la salle Louis Fréchette du Grand Théâtre de Québec. Couleurs Symphoniques marque le retour à l'exubérance après la série de spectacles intimistes à la Maison de la Chanson en mai 1999. La Dufresne n'a rien perdu de son extravagance. Bien au contraire.

De la petite chrysalide timide de ses débuts dans les années 60 qui chantait d'une voix effacée Barbara, Claude Léveillée ou Juliette Greco au flamboyant papillon qui depuis ne cesse de nous éblouir par sa longévité, les années ont passé sans qu'aucune trace du temps ne ternisse l'image et la voix de la diva. Elle a beau chanter J'vieillis en mimant ses seins qui bientôt «toucheront terre»et ses «fesses qui s'élargissent», elle ne change pas et se livre avec exubérance à un public fidèle et tout aussi éclaté que la star peut l'être sur scène.

Dans un décor conçu pour mettre en valeur les 65 musiciens de l'orchestre et la projection d'images d'archives, le spectacle réunit la chanteuse, la peintre, l'extravertie et l'asociale. Celle qui expose présentement ses toiles au Château Dufresne à Montréal et à New York, nous offre deux heures de performance arrangées par le chef Gilles Ouellet qui avec l'Orchestre Symphonique de Québec a su donner une nouvelle vie à des chansons mythiques comme le Parc Belmont, J'passe un mauvais quart d'heure ou la majestueuse l'Hymne à la beauté.

Diane Dufresne Symphonique, c'est certes, un événement mais pas une nouveauté puisque la chanteuse s'était déjà associée à Gilles Ouellet pour créer en 1988 Symphonie n'roll qu'elle avait aussi présenté au Palais des Congrès de Paris au profit d'Amnesty International. Le résultat est époustouflant surtout quand arrive le moment où, interrompu par son cellulaire, le chef de l'OSQ doit soudainement quitter la scène, laissant la diva seule avec ses musiciens. Prenant la baguette, elle devient l'espace d'une chanson, mais quelle chanson, une chef d'orchestre déchaînée pour un mémorable Donnez-moi de l'oxygène. Ce titre donnera le ton à une deuxième partie haute en couleur où elle interprétera l'Enfant de la lumière.

L'album Merci paru l'année dernière, témoignage de l'amour d'une chanteuse pour son public, marque aussi la naissance d'une artiste qui a longtemps chanté des émotions écrites par d'autres. Interprète, peintre et désormais auteure, Diane Dufresne se livre comme jamais dans un répertoire récent, refusant de se laisser enfermer comme d'autres artistes de sa génération, mais pas de sa trempe, dans le douillet confort d'un répertoire riche mais néanmoins passé. Avis de recherche écrit en collaboration avec Jean-Michel de Montigny et Martin Courcy pour la cause du Réseau Enfants Retour (8270 enfants ont disparu en 99 au Québec), est un exemple de ce l'auteure a à dire.

Aussi impériale soit-elle, la diva avait le trac et pour calmer l'angoisse de décevoir son public, une cinquième répétition avec l'OSQ avait été ajoutée pour que ces deux heures d'émotions sonnent parfaitement. Elle a chanté l'amour (Que) et terminé par un Merci que la salle lui a retourné en chœur. Avant de la retrouver au cinéma dans le Dernier Accord de Marthe de Francis Leclerc, Diane Dufresne présentera ce même spectacle mi-février à la Place des Arts de Montréal. Et puisque ces représentations sont enregistrées, il est à prévoir qu'un disque viendra immortaliser une soirée grandiose avec la grande dame de la chanson québécoise.

Diane Dufresne sera à la Place des Arts de Montréal, le dimanche 18 février à 20h
Merci (triple album, BMG 2000).