Marc Lavoine au plus haut

Etrangement absent des nominations aux Victoires de la Musique du 15 février dernier, Marc Lavoine demeure pourtant un des grands gagnants de l'année 2002 avec 450.000 copies écoulées de son album. Il y a quelques jours, il est revenu à l'Olympia par la grande porte après y être entré comme ouvreur il y a plus de 20 ans. Retour sur une belle série de concerts parisiens qui a précédé son actuelle, et triomphale, tournée française.

Succès discographique, succès scénique.

Etrangement absent des nominations aux Victoires de la Musique du 15 février dernier, Marc Lavoine demeure pourtant un des grands gagnants de l'année 2002 avec 450.000 copies écoulées de son album. Il y a quelques jours, il est revenu à l'Olympia par la grande porte après y être entré comme ouvreur il y a plus de 20 ans. Retour sur une belle série de concerts parisiens qui a précédé son actuelle, et triomphale, tournée française.

"Je n'ai de Barry White que le White" reconnaît Marc Lavoine. Certes. Mais il a manifestement le goût du verbe et de la poésie. On le devine aux premières notes du Pont Mirabeau d’Apollinaire, une bien belle manière de rendre hommage aux poètes que Lavoine aime tant. Il n'empêche que l'on est surpris par la voix passablement éraillée qui contraste fortement avec celle, plus compassée, de son huitième album éponyme. On mettra ça, peut-être, sur le compte des soirées de bamboches enfumées au cours desquelles, depuis un an et demi, Marc Lavoine fête le succès de ce nouvel opus… Quatre énormes cadres dorés surplombent la scène mythique, magnifiquement mise en lumière par le maître du genre Jacques Rouveyrollis. D'emblée, le chanteur à la voix revolver donne le la en ne cessant de danser, par à-coups, puis de manière fluide et quasi féminine, tout en sensualité.

Un "Bonsoir Mesdemoiselles, bonsoir Mesdames" très appuyé, en omettant délibérément de saluer ces Messieurs et de les provoquer, démarre le spectacle. Sûr de son petit succès, Marc Lavoine entame l'un de ses premiers tubes Bascule avec moi qui contribua largement à lui donner cette image de chanteur à minettes. Et dont il joue encore… Belle gueule androïde, mâchoire carrée, bouche sexy, à 40 ans, le chanteur aux yeux bleus use et abuse de son fonds de commerce, en fait parfois des tonnes mais il est visiblement ravi d'être sur scène. En chemise et pantalon noirs, les bras tendus, il pivote sur lui-même avant de prendre sa guitare et de se remémorer les bons moments avec son guitariste Michel Coeuriot lorsqu'ils écrivaient leurs premières chansons, entre théâtre et petits boulots. Etonnant Marc Lavoine dont on ne soupçonnait ni la tchache ni le sens aigu de la scène au point de jouer à fond l'ironie : "Cher public, c'est vous qui m'avez fait"

Venons en à la marque de fabrique du chanteur que sont ses récents duos avec la gente féminine. Un sujet qu'il maîtrise à merveille, devenus des faire-valoir indispensables à sa carrière de chanteur de charme. Elles sont donc là ce soir avec lui pour interpréter les trois duos de l'album, la blonde comédienne Claire Keim dans Je ne veux qu'elle, la chanteuse algérienne Souad Massi, sur un air d'accordéon parisien et enfin l'Italienne Cristina Marocco qui rafla les plus vifs applaudissements pour leur duo, J'ai tout oublié. On aura souhaité très fort la présence de Catherine Ringer car Marc Lavoine devait se sentir bien seul pour chanter Qu'est ce que t'es belle. Le miracle n'aura pas lieu, la chanteuse jouant les travestis au même moment dans la dernière pièce d’Alfredo Arias. On ne lui en veut pas, d'autant qu'un autre moment fort suit lorsque Marc Lavoine se love dans un immense drapeau bleu blanc rouge pour chanter C'est ça la France, une photographie de l'Hexagone, entre "couscous" et "saucisson". Véritablement déchaîné, il s'enroule dans la bannière tricolore, s'exhibe, joue les ombres chinoises, bref, ne se lasse pas de l'exhiber bien haut. Puis méthodiquement, il plie l'étendard avec soin, façon de montrer qu'on peut aussi s'approprier le symbole républicain à des fins apolitiques. Le temps d'enfiler une chemise blanche, de jeter son écharpe à la foule en délire et les tubes s'enchaînent : Le monde est tellement con, Pour une biguine avec toi, Parking des anges, que tout le monde fredonne allègrement.

La boule à facettes glisse du ciel et tournoie sur elle-même. Avec beaucoup de groove, Marc Lavoine enchaîne Rue Fontaine aux arrangements poussés vers le R'n'b. Comme un au revoir, il lance des tulipes multicolores en direction des femmes. Un dernier moment de grâce avec Chère amie, reprise en chorus par toute la salle, une réponse à sa muse Françoise Hardy pour sa chanson Partir quand même.

Marc Lavoine (Mercury/Universal)
Marc Lavoine sera à Liège le 26 février et à Bruxelles le 27.
Un live et un DVD du spectacle dans les bacs le 13 mai prochain.