Yannick Noah

Désormais installé dans sa nouvelle vie de chanteur, l’ancien tennisman revient avec Pokhara (Columbia), un album pépère inspiré par le Népal.

Le retour d’un enfant de la balle

Désormais installé dans sa nouvelle vie de chanteur, l’ancien tennisman revient avec Pokhara (Columbia), un album pépère inspiré par le Népal.

Revoilà Noah. A deux pas du Stade de France, où il s’était produit en juin en ouverture de l’inusable Johnny Hallyday, Yannick Noah concluait en musique, dimanche 31 août, les Championnats du monde d’athlétisme. Une belle manière de présenter au public ses dernières chansons, celles qui figurent dans son nouvel album, Pokhara, sorti le 25 août dernier chez Columbia, mais aussi une façon de boucler la boucle.

Il en a eu du mal, le tennisman Noah, dernier vainqueur français du tournoi parisien de Roland-Garros, capitaine glorieux et charismatique de l’équipe nationale de Coupe Davis, à être pris au sérieux dans son activité de chanteur! Sa carrière musicale avait pourtant démarré sous les meilleurs auspices, commercialement parlant. En 1991, Saga Africa, son premier single, avait décroché la timbale du tube de l’été estampillé TF1 mais tout le reste des années 90, cette rengaine pour fête de village a nui à la promotion du chanteur Noah. Après une décennie de recherches musicales infructueuses, le miracle s’est enfin produit il y a trois ans, avec l’album Yannick Noah et sa brochette de tubes (Simon Papa Tara, La Voix des sages, Les Lionnes…), vendu à près d’1,5 million d’exemplaires. La formule était ainsi établie: une musique cool, comme le personnage, inspirée du reggae et de ses racines africaines, pour un public amateur de variétés.

A Pokhara, rien de nouveau

A l’écoute de Pokhara, l’impression dominante est bien celle d’un interprète qui a trouvé sa vitesse de croisière, ce qui ravira les nombreux fans conquis de haute lutte mais peinera sans doute à convaincre au-delà de ce cercle (certes large). Pour s’en persuader, il suffit d’écouter sur les ondes la chanson Si tu savais, premier single commercialisé et titre d’ouverture de l’album. Le clip fut tourné au Népal, qui a séduit Yannick Noah au point de baptiser son dernier CD du nom d’un village de cette région de spiritualité et de résistance zen. Jusqu’à présent, la paisible bourgade de Pokhara était surtout connue comme point de départ de nombreux treks vers les différents sommets de l’Annapurna, renommé pour son lac et la vue magnifique que l’on a sur la montagne enneigée. D’ailleurs, à l’attention des futurs touristes-aventuriers qui auront la bonne idée d’acquérir le Noah primeur, la pochette du CD renferme un livret présentant photos de voyages et tampons de passeport. On savait Yannick Noah amoureux de l’Afrique, force est de constater que ses pérégrinations nouvelles correspondent bien à la spiritualité qui a toujours semblé l’accompagner sur son chemin de vie. En tout cas, Pokhara n’a pas altéré son style, fait de percussions et de rythmes reggae et africains. Et comme on ne change pas une équipe qui gagne, Yannick Noah a emmené dans ses bagages l’équipe qui avait travaillé sur son album précédent, à savoir trois membres éminents de la bande à Jean-Jacques Goldman (le trio de musiciens et paroliers Benzi-Vénéruso-Kapler).

Pour le reste, le propos demeure «fédérateur», comme on dit sur TF1 - qui accueillera d’ailleurs Yannick Noah au sein de sa Star Academy, le 13 septembre prochain. «J’essaie des violons/Face à la violence», chante-t-il ainsi dans Laissez-nous essayer… De J’aurais dû comprendre à Quand ils sont là, de Au niveau du sol à Mon Eldorado, les treize titres de Pokhara charrient un humanisme un peu trop lisse et simpliste. Aimons-nous les uns les autres, l’aspiration n’est guère neuve, mais ça va quand même mieux en le disant… La seule vraie surprise de cet album est cette reprise de Georges Brassens (Dans l’eau de la claire fontaine, créée en 1961) sur fond d’accordéon.

On saura bientôt si le public désire voyager dans le Pokhara de Yannick Noah. Quoiqu’il en soit, devenu l’un des grands vendeurs de disques de notre pays, la machine promotionnelle va tourner à plein, avant une tournée qui devrait démarrer en mars 2004 et une halte parisienne prévue au Palais Omnisports de Paris-Bercy (pas moins) le 19 courant.

Yannick Noah Pokara (Sony/Columbia) 2003
En tournée en France à partir du 10 mars 2004.