Starr system

Douze mois avec Joey Starr : l’idée a de quoi faire fuir certains mais tel est le programme du DVD Who’s the boss, qui suit l’ex-NTM, aujourd’hui chef de bande du label B.O.S.S. Enregistrements en studio, sound systems débridés, émission de radio diffusée depuis la cave de son pavillon de Saint-Ouen: le film, sans se montrer trop laudatif, esquive le Joey Starr mauvais garçon pour se pencher sur l’artiste et son quotidien essentiellement musical. Rencontre avec la figure tutélaire du hip hop français.

Le Who’s the boss? de Joey Starr

Douze mois avec Joey Starr : l’idée a de quoi faire fuir certains mais tel est le programme du DVD Who’s the boss, qui suit l’ex-NTM, aujourd’hui chef de bande du label B.O.S.S. Enregistrements en studio, sound systems débridés, émission de radio diffusée depuis la cave de son pavillon de Saint-Ouen: le film, sans se montrer trop laudatif, esquive le Joey Starr mauvais garçon pour se pencher sur l’artiste et son quotidien essentiellement musical. Rencontre avec la figure tutélaire du hip hop français.

Quelle est l’idée de départ de Who’s the boss ? Exprimer les choses que vous avez à dire ?Ce n’est pas tant des choses à dire que des choses à montrer, parce qu’on est polyvalents, que toutes les disciplines du hip hop nous intéressent encore, quinze ans après, bien qu’on ait arrêté de danser parce que le physique ne suit plus !(rires) La première démarche, c’est de montrer ce truc de soirées itinérantes, cette histoire de sound systems avec la tournante entre DJs qui est une vraie performance pour nous. Et puis surtout montrer la cohésion qu’il y a entre nous, autant quand on fait de la prod, que lors de nos émissions de radio etc. On est super contents de faire tout ce que l’on fait, et d’exister à l’heure d’aujourd’hui. Ce DVD est là pour montrer que B.O.S.S est une vraie entité, pas juste un mec à la radio qui programme des imports avec un autre qui anime... et puis montrer que quoiqu’on fasse, on a la banane parce que c’est un luxe d’être encore au coeur de la mouvance quinze ans après. Ça va bientôt faire deux décennies d’ailleurs. James Brown en a traversé quatre, je veux bien faire comme lui !

Le DVD doit être pris comme une carte d’identité de B.O.S.S ?Tout à fait ! C’est en fait ce qu’on voulait faire passer dans 60 jours 60 nuits*, mais il y a eu un problème de concordance avec ce que eux (les producteurs de l'émission : ndlr), voulaient montrer… Du coup, on a fait nos mauvaises têtes. Mais là c’est notre histoire, ce n’est pas juste des mecs avec des baskets, des baggy, des jeans…Les baskets et les jeans, on les a aussi dans nos têtes ! Mon cerveau porte aussi un baggy !!!

Votre but avec ce DVD, c’est de recentrer le débat, de rattraper les erreurs de l’émission diffusée par Canal + ?Tu sais quoi ? J’ai failli ne pas la faire parce qu’ils m’ont parlé de mon capital sympathie…et je leur ai dit "je vous emmerde !". Je ne travaille pas dans ce sens-là. L’envie de la production, c’était justement de montrer autre chose que ce que l’on est. Par exemple, le premier jour, comme par hasard, on s’est fait serrer par les flics, et puis pas qu’un peu… Ils se sont dit "ça va être terrible !", mais ça ne s’est pas reproduit, donc ils étaient déçus. Nous, on avait plutôt la volonté de montrer ce que l’on fait, l’urgence dans laquelle on se met pour les prod’, les sound systems … En plus, il y avait de l’actu à ce moment-là. Mais ça ne les intéressait pas. Ce qui intéresse les producteurs, n’intéresse pas forcément le vrai public. A un moment donné, il y a donc un décalage.

En parlant de décalage, une grande partie du public retient moins votre travail de musicien que les mésaventures qui vous doivent d’apparaître régulièrement dans la rubrique "faits divers" des quotidiens. Cela vous chagrine ?Ceux qui savent qui on est, se formalisent un peu moins je pense. Je ne suis pas à leur place, donc je ne peux pas l’affirmer. Mais ça, ça me dérange moins. Maintenant, j’ai une famille -les membres du B.O.S.S entre autres. Forcément, ce qui me dessert ne les arrange pas pour autant. Et puis je ne pense pas qu’en musique, ce soit vraiment une bonne publicité. Pour vendre un disque, oui, mais ce n’est pas ça qui va me rendre plus crédible aux yeux du mouvement hip hop ou du monde musical. Et c’est ce qui est pour moi le plus important. Je préfère avoir plus de crédit par ma musique et mes faits et gestes au travers de ça que le reste, que je ne souhaite à personne.

Ça fait partie du domaine extra professionnel…Regarde ce qui se passe pour le mec de Noir Désir : on en vient à critiquer sa musique à cause de ce qui s’est passé… Or Noir Désir, c’est quatre mecs, pas juste un. Ce qui est déplorable c’est qu’à un moment donné, ça rejaillit sur la musique.

¹pour Boss Of Scandalz Strategyz

²60 jours, 60 nuits, l’émission de TV-réalité diffusée par la chaîne française Canal + début 2003, qui détaillait surtout les frasques extra professionnelles de Joey Starr.

Joey Starr et le B.O.S.S. Who’s the Boss (Wild Side Video/Universal)