La Grande Sophie, c'est elle!

Cette grande bringue venue de la scène alternative a trouvé le ton juste dans son troisième album pop Et si c'était moi dans lequel ses chansons mêlant candeur et réalité font de La Grande Sophie une artiste attachante.

Une artiste interactive.

Cette grande bringue venue de la scène alternative a trouvé le ton juste dans son troisième album pop Et si c'était moi dans lequel ses chansons mêlant candeur et réalité font de La Grande Sophie une artiste attachante.

D'emblée, on est séduit par le personnage de cette jeune femme brune qui croit dur comme fer à ce qu'elle fait. Une qualité plus que louable dans la jungle artistico-business à laquelle sont confrontés les aspirants à la gloire. D'autant que La Grande Sophie, auteure compositeur interprète est aussi très prolixe : "J'écris beaucoup, trente chansons pour cet album, et puis je me dis toujours qu'il faut que les gens en aient pour leur argent !" dit-elle de sa voix chantante. Cette Marseillaise montée à la capitale affine ses objectifs sans ambiguïté, à commencer par ce troisième album dont on pourrait penser qu'il est, par touches, autobiographique : "Je voulais quelque chose d'interactif entre moi et l'auditeur, et comme on me demande très souvent si ce que je chante est autobiographique, j'émettais l'hypothèse que ce soit moi, mais j'espère que les gens en écoutant le disque se reconnaîtront".

Le syndrome de Peter Pan

La Grande Sophie dit vouloir garder une certaine pudeur là-dessus, mais reconnaît s'être livrée un peu plus dans son troisième opus. La trentaine, la peur de grandir, la première ride, des thèmes traités avec finesse et humour, bien enlevés musicalement avec des pointes rock ou plus suaves."Qui avait la solution pour jamais ne devenir grand ?", la chanteuse qui s'accompagne toujours à la guitare souffrirait-elle du syndrome de Peter Pan ? : "J'en prends de plus en plus conscience de ce fameux passage de l'enfance à l'âge adulte." La preuve en musique dans Passage obligé : "Cette histoire est arrivé à un ami à moi dont la voisine a déboulé chez lui sous le prétexte fallacieux de lui emprunter du café et qui s'est dévoilée comme ça tout à trac en lui disant : "J'ai 30 ans, je cherche un mec et j'veux des enfants !" Une vérité parmi d'autres !

C'est clair, La Grande Sophie aime brouiller les pistes. On se souvient qu'elle fut un temps adepte de la kitchen music, un vague concept de musique bricolée dans sa cuisine. Explication : "Bon allez, je l'avoue, c'était une astuce de ma part pour me démarquer et qu'on ne me cloisonne pas dans une catégorie ; autant me coller ma propre étiquette dont je définis à l'avance les règles. C'est pourquoi j'admire le modèle de carrière de Björk qui ne s'est jamais enfermée dans un style de musique et qui est toujours allée là où elle avait envie." C'est promis, plus de concept, les chansons de La Grande Sophie doivent suffire pour qu'elle existe !

Dans Et si c'était moi, La Grande Sophie ouvre avec, ce n'est pas commun, une ode à Ringo Starr, le trublion des Beatles. On sent alors la fan qui s'affirme : "Mes parents écoutaient les Beatles puis j'ai flashé sur Chrissie Hynde des Pretenders, écouté beaucoup de pop anglo-saxonne, U2, Suzanne Vega, Blondie, Nirvana, côté français, j'aurais aimé écrire les chansons qu'a écrites Dutronc", mais LGS s'est aussi tiqué de Charles Trenet pour son avant-gardisme et du charisme de Catherine Ringer des Rita Mitsouko. Bien que celle qui fut à l'origine de sa vocation est Catherine Deneuve, dont l'imagerie l'a émerveillée dans Peau d'Ane de Jacques Demy.

La scène

Venue du réseau associatif, celui de Life Live (qui sont encore à ce jour ses tourneurs), La Grande Sophie s'est produit dans les petits lieux dédiés à la chanson, comme la Flèche d'or à Paris, avant de tourner pour les circuits de la Férarock et d'entamer des salles de 300 à 600 personnes : "J'ai construit ma démarche beaucoup plus sur la scène". Elle sort pourtant un premier album, La Grande Sophie s'agrandit, sur le label aujourd'hui disparu, Les compagnons de la tête de mort (label de Sinsemilia et d'Indochine), avant de signer un second album Porte bonheur, en 2001 avec Martin, son premier tube.

Sa guitare ne la quitte pas, son instrument fétiche, dont elle commence à jouer à 9 ans, fais ses premières compos à 12 ans, un an plus tard, monte son premier groupe Entrée interdite avec son frère et un voisin avant d'animer quelques années plus tard les chambres en cité U… Mais La Grande Sophie a eu envie d'ailleurs, a quitté les Beaux-Arts de Marseille où elle officiait à la section sculpture : "Je mettais des haut-parleurs dans des formes en bois ou en plâtre pour diffuser de la musique mais j'ai dû faire un choix et le côté élitiste des Beaux-arts m'agaçait un peu. Je cherchais une voie plus populaire. J'ai fait la manche aux terrasses des pizzerias et j'ai vu que ça marchait bien." Donc direction la capitale ! Rendez-vous est pris sur scène en solo le 5 décembre à l'Elysée Montmartre à Paris.

Et si c'était moi (AZ/Universal) 2003
La Grande Sophie sera au Zénith de Paris le 14 novembre avec Mickey 3D et le 5 décembre à l'Elysee Montmartre.