Aldebert en scène

Cet outsider de la nouvelle scène hexagonale gravit une marche supplémentaire ce samedi 24 janvier à la Cigale. Dans son second opus Sur place ou à emporter (Note A Bene/Wagram), sa verve poétique et son ironie légère font de lui la valeur montante de la chanson française.

Chanteur fougueux

Cet outsider de la nouvelle scène hexagonale gravit une marche supplémentaire ce samedi 24 janvier à la Cigale. Dans son second opus Sur place ou à emporter (Note A Bene/Wagram), sa verve poétique et son ironie légère font de lui la valeur montante de la chanson française.

Ses chansons sont des tranches de vie, mises bout à bout, pas forcément toutes autobiographiques, mais dans lesquelles on sent bien que quelqu'un s'y est collé ! Au crédit de ce franc-comtois d’à peine 30 ans, ajoutons que ses chansons comme La méthode Couette, Indélébile ou encore Hypocondriaque, révèlent en filigrane un auteur angoissé par le temps qui passe, la maladie ("j'ai tendance à me balader avec ma trousse à pharmacie…") et qui prend le parti de traiter ses failles avec humour. Pas bien loin d'un nouveau Souchon en somme.

Dans ce deuxième album, sorti à la mi-mars, l'ami Aldebert jongle avec les ambiances et les styles musicaux, d'un swing jazzy pour ouvrir l'album avec Saint'Nitouche à un rythme cubain, manouche ou une bossa, c'est selon. Mais qu'on ne s'y méprenne pas, c’est lui qui l’affirme: "même si j'ai toujours gardé ce côté énervé et rock'n'roll, l'orientation est nettement plus chanson, à la différence de mon premier album plus festif ". C'est donc bien de chanson dont il s'agit. Auteur-compositeur, Guillaume Aldebert, originaire de Besançon, a longtemps sévi comme choriste au sein de White, "un groupe régional" avant de s'affirmer depuis quatre ans sous son nom. Un album auto-produit, puis un deuxième, une maison de disques et bientôt un troisième. L'engrenage, quoi !

Artiste de scène avant tout, énergique, sautillant, le chanteur sait mouiller sa chemise. On aura pu le mesurer au Zèbre de Belleville, un nouveau lieu très plaisant dédié à la chanson où, à l'automne dernier, ses prestations bouillonnantes ont bénéficié d'un franc bouche à oreille. La récompense n'a pas tardé puisque le benjamin qui monte a ouvert le concert, sold out, de Bénabar, au Trianon, à Paris, en octobre dernier. Ces deux-là se connaissent et s'apprécient, s'inscrivant dans une même veine, celle de l'amour des mots qui touchent, "même si musicalement, je vais chercher des trucs différents" réplique Aldebert.

Joli parcours

Dans ce qui était autrefois la capitale de l'horlogerie et alentours, Aldebert, tourne dans la région avec son groupe de rock quelques années, et termine aussi des études de photographie mais c’est très vite qu’il revient à ses premières amours, la chanson; bien décidé à ne pas la quitter. "En ce moment, je fais un gros come back sur Boris Vian mais j'écoute toujours avec autant de plaisir Sanseverino, Mathieu Boggaerts ou Benabar, et encore et toujours Renaud, Leforestier et Brassens" raconte le chanteur à quelques heures de son concert parisien. Un nouveau challenge qu'il va affiner une dernière fois en province, à Morteau (la fameuse saucisse aux lentilles de Morteau!) tout près de la frontière suisse.

Du côté des récompenses, après Miossec et Lynda Lemay, Aldebert est lauréat 2003 du Trophée Radio France de la chanson française. On aura aussi remarqué sa juste version de Guichet 102 de Hubert-Félix Thiéfaine sur la compilation-hommage Les fils du coupeur de joints (Epic/Sony) en allusion à la célèbre chanson du rocker, La fille du coupeur de joints.

Tout comme à la scène, Aldebert ne tient pas en place. Toujours plein de projets, et en pleine préparation de son troisième opus, il pense déjà activement à un album de chansons pour enfants. Oui, car son métier du moment, c'est de diriger des ateliers pour enfants dans le petit village de Naisez-les-Granges, à quelques encablures de Besançon. Aldebert compte bien passer du statut d' Emploi Jeune à celui d'intermittent… mais faut se dépêcher, alors ! On lui fait largement confiance.

 

 Plateau Télé (M Label/Next Music)
Sur place ou à emporter (Note A Bene/Wagram)
Compilation : Les fils du coupeurs de joint (Epic/Sony)

Tournée française :
Le 24 janvier à la Cigale, le 31 à Bezons (95), le 21 février à Héricourt (70), le 12 mars à Genève, le 20 mars à Dijon, le 10 avril à Besançon et en décembre prochain à l'Olympia.