Adamo à Miami

Globe-trotter de la chanson romantique, Salvatore Adamo, le chanteur belge d’origine sicilienne, vient de terminer sa tournée d'une dizaine de dates aux Etats-Unis. Artiste intègre et hors des modes, Adamo présente son dernier album Zanzibar lors d’un stop à Miami.

Parfum de nostalgie

Globe-trotter de la chanson romantique, Salvatore Adamo, le chanteur belge d’origine sicilienne, vient de terminer sa tournée d'une dizaine de dates aux Etats-Unis. Artiste intègre et hors des modes, Adamo présente son dernier album Zanzibar lors d’un stop à Miami.

Sur les plages de South Beach, résonnent les derniers mix des DJs et clubbers de la planète venus pour la Winter Conference de Miami… Au même moment, à une dizaine de miles plus au nord, Salvatore Adamo, vendeur de quelques 90 millions de disques à travers le monde, se produit au North Miami Beach Performing Arts Theater, lors d’une mini-tournée américaine. L’air est doux et le vent du soir fait bruisser les feuilles des palmiers voyageurs…

Le globe-trotter de la chanson romantique nous explique : "Après mon dernier Olympia à Paris, j’ai participé à un grand festival populaire à Vina Del Mar, au Chili. Et après une semaine de repos aux Bahamas avec mon épouse, nous sommes ici aux Etats-Unis pour une dizaine de dates que nous terminons avec San Francisco et Chicago. Il s’agit en fait d’une mini tournée, de prospection, organisée par un tourneur russe." Natalia, russe de Moscou, vit à Miami depuis 14 ans. Elle adore Adamo qu’elle connaît depuis son enfance, tout comme Charles Aznavour, Mireille Mathieu et Joe Dassin. La salle est au trois quart russe et féminine; Français, Québécois (nombreux ici à Miami Beach) et Italiens de la troisième génération se partagent le dernier quart. Un monsieur Loyal annonce le show de Salvatore Adamo dans un long monologue en russe où l’on comprend juste… Tombe la neige (dont il existe 500 versions dans le monde!).

Très attendu et chaudement applaudi à son entrée sur scène, tel quel, le Adamo au sourire asymétrique et à la gentillesse innée s’adresse à la salle en demandant qui parle quoi, manière d’ajuster son répertoire selon les diasporas. Elégant dans un costume noir, chemise blanche, col ouvert, et pochette assortie, le chanteur fête cette année ses quarante ans de carrière. Une carrière que l’on croyait surtout européenne, commencée dans les années 60 et dont les succès indémodables, de Inch’Allah à Vous permettez Monsieur, ont fait les n°1 des charts italiens, espagnols et français. D’où cette facilité de pouvoir chanter à la demande ses tubes en quatre langues, ce qu’il ne manquera pas de faire encore ce soir-là à Miami.

Une spectatrice ne peut s’empêcher d’hurler un"I love You" convaincant qui fait rire toute la salle (une groupie chilienne retrouvée backstage trépignant devant la loge du chanteur). Mais Adamo ne relève pas. En vrai timide, il dit tout dans ses chansons. Et dédie aux Québécois, venus nombreux ce soir, C’est ma vie, qui a fait l’objet d’une campagne sur le lait au Québec, il y a deux ans. Puis direction la Belgique: «Arrivé de ma Sicile natale à Bruxelles à l’âge de trois ans, j’ai écrit cette chanson Bruxelles, en hommage à la ville qui m’a donné ma chance». On reste dans le plat pays avec Les filles du bord de mer dont son compatriote Arno, a fait récemment une reprise un peu plus destroy, Adamo, la voix plus éraillée que jamais, esquisse quelques pas de danse, enjoignant la salle à chanter avec lui : "Z'étaient chouettes les filles du bord de mer…" Adamo n’oublie jamais de remercier en trois langues, "Spassiva", "Thank you", "Merci"…

Même si son image de chanteur léger et romantique lui colle à la peau, les vraies douleurs ne sont jamais loin : Le monde a mal, une chanson écrite après un voyage au Kosovo lorsqu’il était ambassadeur pour l’Unicef: "Je regrette que le monde aille trop vite et que l’on ne prenne plus le temps de vivre simplement". Il prend ensuite sa guitare pour un hommage au poète engagé russe Vladimir Vissotsky avant d’entonner l’une de ses plus belles chansons, écrite juste avant la guerre des Six Jours, Inch’Allah, toujours d’actualité. "Requiem pour ces millions d’âmes tombées des deux côtés, Salam, Shalom", le coeur sur la main, Adamo, ému, (et aveuglé par les dizaines de flashs de dames russes venues se précipiter sur l’avant scène) par cet accueil fervent revient pour un dernier rappel avec Laisse tes mains sur mes hanches qu’il débute en italien, continue en espagnol et termine en français. Cette nuit là, ses fans d’Amérique feront de bien beaux rêves.

Biographie: C’est sa vie, de Thierry Coljon aux Editions Le Félin
Auto-biographie : Le souvenir du bonheur est encore du bonheur, de Savatore Adamo chez Albin Michel